Avec ses briques de papier, Elijah Djan veut casser la baraque

Ce jeune Sud-Africain a eu l’idée de fabriquer des briques à partir de déchets de papier pour construire des maisons à prix abordables. Le projet Nubrix était né.

En matière d’économie circulaire, les histoires marquantes font souvent se rencontrer un besoin et une volonté. C’est le cas du projet Nubrix initié par un jeune entrepreneur sud-africain de 21 ans, Elijah Djan. Sa brique de construction fabriquée à partir de déchets de papier répond à un double objectif : pallier la pénurie de logements pour les populations les plus modestes d’Afrique du Sud et trouver de nouvelles filières de valorisation des déchets de papier, un casse-tête dans le pays.

Avec Nubrix, Elijah Djan est en train de réaliser son rêve : construire des logements accessibles pour tous.

Selon un rapport du Département des Affaires environnementales et du Centre d’information des déchets, l’Afrique du Sud a généré 108 millions de tonnes de déchets en 2011, dont seulement 10 % ont été recyclés. Dans la vidéo de présentation de sa brique révolutionnaire, Elijah Djan précise ces informations : son pays produit 2 millions de tonnes de déchets de papier par an, dont la moitié à peine est recyclée ; par ailleurs, près d’1,2 million d’habitants vivent dans des cabanes de fortune.

Une idée qui vient de loin

Sa start-up Nubrix répond à cette double problématique en proposant un matériau trois fois moins cher que la brique conventionnelle pour construire des maisons accessibles et écologiques.

En 2006, il a juste 11 ans quand il a l’idée d’utiliser les déchets de papier pour créer un nouveau matériau de construction peu onéreux et écologique. L’histoire dit que c’est en voyant son père, conférencier, brûler des monceaux de vieux manuels scolaires qu’il a l’idée de recycler le papier. Elijah Djan construit son premier prototype de brique et mûrit son idée pendant des années.

En 2016, alors étudiant en génie industriel à l’université de Pretoria, il se rend compte que les premiers prototypes laissés dans le jardin familial sont intacts. L’idée serait-elle donc viable ? Il décide de lancer son entreprise, Nubrix. Il remporte plusieurs prix de l’innovation dont celui de la province du Gauteng – autour de Pretoria et de Johannesburg – et se voit allouer 14 000 euros pour le développement technique de son invention.

Brique après brique

Elijah Djan le sait : pour être commercialisées à grande échelle, ses briques doivent répondre à une batterie de certifications techniques sur l’acoustique, le thermique et la durabilité. Il effectue avec succès les tests en laboratoire : la brique Nubrix ne se déforme pas sous l’action de l’eau et résiste au feu. Il évalue qu’il faut 1 200 kg de papiers environ pour monter les murs d’une maison.

Repéré par Phumlani Nkontwana, un homme d’affaires sud-africain qui le parraine au sein de la Fondation Allan Gray Orbis créée par le milliardaire sud-africain Allan Gray, Elijah Djan obtient une bourse de recherche. En décembre 2016, il va même présenter son invention au prestigieux centre de recherches du Massachusetts Institute of Technology, aux Etats Unis.

Ultime reconnaissance, en mars 2017 à Johannesburg, Nubrix est sélectionné parmi les projets retenus par le premier Congrès mondial de l’entrepreneuriat (GEC) organisé sur le continent africain. Brique après brique, Elijah Djan continue de croire à un projet durable pour son pays.

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