©Benoît Linero

David Edwards, le mariage de la science et de l’art

À contre-courant, le chercheur David Edwards prône la coopération entre l’art et la science pour inventer de nouveaux modes de consommation plus respectueux de l’environnement.

Présenter David Edwards n’est pas une mince affaire. Cet homme aux boucles grisonnantes et aux yeux rieurs ne ressemble pas vraiment à l’idée que l’on se fait d’un professeur de génie biomédical à Harvard. Ce touche-à-tout hyperactif, à la fois français et américain, chercheur, auteur de fictions et entrepreneur, n’en finit pas de décloisonner la science pour la rapprocher du design, de l’écologie et de l’humanitaire.

« WikiPearlTM, c’est une peau comestible qui représente une nouvelle avancée vers moins d’emballages plastiques. »

Né près de Detroit en 1961, d’un père chimiste et d’une mère française, Edwards s’engage dans des études de génie chimique et de mathématiques appliquées, mettant de côté sa passion pour les lettres. Il se spécialise ensuite dans la mécanique des aérosols. En 1997, il met au point un procédé qui permet d’administrer de l’insuline par voie respiratoire aux patients diabétiques. L’année suivante, sa société, baptisée AIR (Advanced Inhalation Research), est rachetée par un grand groupe pharmaceutique. Devenu milliardaire à 36 ans, Edwards décide de s’impliquer dans des projets philanthropiques, notamment consacrés aux jeunes des banlieues.

Fasciné par les interactions entre l’art et la science, il fonde le Laboratoire en 2007, à Paris. Derrière ce nom très sobre se cache un lieu unique, un espace d’exposition hybride consacré à l’« artscience ». C’est ici que prend forme le rêve fou du savant : mêler la science et l’art pour stimuler l’innovation. Edwards conçoit le Laboratoire comme un lieu de rencontre où les artistes et les scientifiques peuvent collaborer, à l’image de son tandem avec le designer Mathieu Lehanneur. Ensemble, ils ont créé le CellBag, un réservoir portable qui permet de transporter l’eau de manière écoresponsable, spécialement dans les pays d’Afrique où l’eau est rare et précieuse. Dans une démarche biomimétique, le design du CellBag s’inspire des cellules biologiques. Aussi belle que pratique, cette invention incarne à merveille la philosophie transversale de David Edwards.

« David Edwards - The Lab : Creativity and culture »

L’eau est au cœur d’un autre projet soutenu par le Laboratoire, « Cummulus », fruit de la collaboration de l’artiste argentin Ciro Najle avec des ingénieurs chiliens. Il s’agit d’une installation d’élégants filets capables de capter et purifier l’eau présente sous forme de micro-gouttes dans le brouillard.

Très concerné par la pollution, Edwards estime que nous devons « quitter l’ère du plastique ». Pour ce faire, il a collaboré à nouveau avec un designer, François Azambourg, pour mettre au point WikiPearlTM, un emballage alimentaire constitué d’une membrane naturelle, comestible et biodégradable.

L’inventivité de David Edwards semble sans limites, tout comme son engagement environnemental et humanitaire, fil rouge de chacun de ses projets.

En savoir plus :

- Le site officiel de David Edwards
- Le site du Laboratoire
- Un autre système de récupération de l’humidité, au Pérou

 
 

Image principale : ©Benoît Linero

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