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Ellen MacArthur, porte-drapeau de l’économie circulaire

Ellen MacArthur a remporté la Route du Rhum ; elle a battu le record du tour du monde à la voile en solitaire ; elle a été distinguée par la reine d’Angleterre… et un astéroïde porte même son nom.

Et comme si ça ne suffisait pas, la navigatrice fraîchement retraitée a bien l’intention de changer le monde.

A travers sa fondation, l’ex-star de la navigation veut mettre un coup de projecteur sur l’économie circulaire. Ce concept inspiré de la théorie du cradle to cradle (du berceau au berceau) insiste sur la nécessité d’envisager le cycle économique comme un flux continu où rien ne se perd. La notion de déchet y est obsolète puisque toute production a vocation à être réutilisée. Ainsi, les « nutriments » (nutrients sur l’infographie), qu’il s’agisse de ressources naturelles ou de productions humaines, sont préservés.

Dans un monde où le fonctionnement linéaire de l’économie reste la règle – produire, utiliser, jeter – Ellen MacArthur et sa fondation nagent à contre-courant. Rien d’étonnant pour cette fille de professeurs originaire de l’île de Wight, à la volonté de fer. Enfant, elle économise l’argent que ses parents lui donnent pour la cantine et s’achète un petit bateau. A 18 ans, elle fait déjà le tour de l’Angleterre, seule en mer. Et c’est justement son expérience de navigation en solitaire qui est à l’origine de son engagement. Pour subsister des semaines, voire des mois sur son bateau, Ellen MacArthur ne peut compter que sur des réserves calculées au gramme près, emportées lors du départ. Pendant son tour du monde en 2004, elle prend conscience que la gestion de ces ressources peut devenir une question de vie ou de mort. Revenant à terre, le parallèle avec l’épuisement des ressources de la planète s’impose à elle.

En quatre ans d’existence, la Fondation Ellen MacArthur est sans doute devenue l’organisme le plus important dans la diffusion et la promotion de l’économie circulaire. C’est avant tout aux jeunes générations qu’elle s’adresse, à travers des programmes éducatifs destinés aux élèves et aux étudiants. La fondation a, par exemple, mis au point des activités accessibles gratuitement via son site Internet, pour permettre aux enseignants d’introduire le concept d’économie circulaire via des jeux ou des travaux d’équipes. Ces ressources sont d’ores et déjà utilisées par plus de la moitié des écoles outre-Manche.

Quant à Ellen MacArthur, elle continue à courir le monde pour convaincre ses interlocuteurs au plus haut niveau de ce qui n’est rien de moins qu’un changement radical de société. Avec succès : en février 2013, un groupement de cent acteurs économiques et institutionnels est créé, parmi lesquels Veolia Environnement, Ikea ou encore le gouvernement écossais. Leur engagement se traduit concrètement par la mise en place d’un catalogue de bonnes pratiques accessibles à tous. Ainsi, les entreprises qui voudraient prendre le train de l’économie circulaire en marche peuvent bénéficier de l’expertise de ces acteurs pionniers. Des outils de formation sont également mis en commun. La reconnaissance vient aussi sur le plan politique, avec l’adoption en décembre 2012 par la Commission européenne d’un manifeste en faveur de l’économie circulaire.

A ceux qui doutaient de la capacité d’une femme d’1,57 m à devenir l’une des plus grandes navigatrices de sa génération, Ellen MacArthur a répondu par un record du monde. Nul doute que pour défendre la transition écologique, elle saura à nouveau déplacer des montagnes.

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- CE 100 Summit

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