Le tour du monde « zéro déchet » à la voile de quatre Bretons dans le vent

Navigant sur un bateau autonome en énergie, quatre jeunes gens veulent sensibiliser le public à l’économie circulaire.

Une triple dimension technique, scientifique et pédagogique pour deux années de tour du monde à la voile.

Ils s’appellent Brendan, Igor, Robin et Joaquim. Ils ont 26 ans, sont bretons, amis depuis toujours, passionnés par l’océan et surtout par sa préservation. Le 5 novembre 2016, ils ont quitté le port du Crouesty, en Bretagne, pour un tour du monde de deux ans sur un voilier autonome en énergie. Objectif : sensibiliser au défi du « zéro déchet » et à la transition vers une économie circulaire. Quatre garçons dans le vent, engagés pour le développement durable.

« Sailing for change »

Ce projet a été inspiré par la navigatrice Ellen McArthur et sa fondation dédiée à l’économie circulaire. Son principe : les ressources terrestres étant limitées, nous devons apprendre à transformer nos déchets en nouvelles ressources. C’est le meilleur moyen de limiter la pollution de nos océans qui regorgent déjà de plus de 270 000 tonnes de déchets divers.

Forts de cette conviction, Brendan, Igor, Robin et Joaquim créent en février 2015 l’association « Sailing for change ». Et imaginent une expédition de deux ans autour du monde, pour inciter à repenser notre mode de consommation et de gestion des déchets.

Une triple mission

Pendant deux ans, nos quatre Bretons se sont lancés le défi du « zéro déchet ». L’aventure est organisée autour de trois axes. Le premier est technique. L’idée : montrer que l’on peut vivre avec des ressources limitées dans un espace confiné, en réutilisant ses déchets et en produisant de l’énergie propre. Baptisé « Ekolibri » en référence au mouvement des colibris, leur bateau est équipé de panneaux solaires, d’une éolienne et d’un hydro-générateur qui leur permettent d’être auto-suffisants en électricité.

Pendant le voyage, les quatre amis vont élaborer leurs propres produits d’hygiène naturels et stocker leurs aliments en vrac dans des bocaux et des bidons étanches. Ils ont par ailleurs embarqué deux poules pondeuses dans l’aventure ainsi qu’une mini-serre pour produire des légumes. Leur quotidien est relaté avec humour à travers une web-série ludique.

Leur projet est aussi de nature scientifique. Les jeunes matelots ont construit un laboratoire d’analyses à bord de leur embarcation. Avec le matériel fourni par leurs partenaires, ils vont participer à l’étude de la pollution marine : relevé de plancton, étude des macro-déchets, analyse des variations météorologiques, etc.

La dimension pédagogique, enfin, est très importante aux yeux de Brendan, Igor, Robin et Joaquim. Ils vont réaliser quinze reportages vidéo, en collaboration avec leur équipe de montage à terre. Partout autour du monde, ils ont prévu d’aller à la rencontre de porteurs d’initiatives innovantes  en matière de gestion des déchets, d’économie circulaire et de développement durable.

Leur première étape par exemple – l’île El Hiero, dans l’archipel des Canaries – est la première île à utiliser exclusivement l’eau et le vent pour se fournir en électricité. Les matelots resteront par ailleurs en contact permanent avec des collèges, lycées et associations pour échanger sur leur expérience.

Soutenus par une vingtaine de partenaires, les quatre amis ont notamment reçu le soutien de la fondation Nicolas Hulot et de Béa Johnson, instigatrice du mouvement « zéro déchet », marraine officielle de Sailing for Change. On ne peut que leur souhaiter de souffler le plus loin possible leur vent d’optimisme !

En savoir plus :

- Ellen MacArthur, porte-drapeau de l’économie circulaire
- La nouvelle économie du plastique

 

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