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Allô ! la planète

Améliorer les conditions de travail des ouvriers, vérifier l’origine des minerais et encourager le recyclage, voici les trois enjeux cruciaux du Fairphone, le tout premier Smartphone éthique.

L’objectif n’est pas seulement d’offrir de bonnes conditions de travail aux employés, c’est aussi d’encourager l’innovation sociale au sein des usines.

À l’origine du Smartphone, il y a la roche. Une quarantaine de minerais, de terres rares et de métaux sont nécessaires à son fonctionnement : l’étain, le coltan (minerai qui permet d’obtenir le tantale), le tungstène, l’or, etc. Dans certaines régions du monde, l’exploitation de ces minerais engendre une pollution considérable ; dans d’autres, elle est accusée de financer des conflits armés. Les mineurs y travaillent parfois dans des conditions pénibles et dangereuses. Menée par le designer néerlandais Bas van Abel, la société Fairphone a décidé d’adopter une démarche pragmatique pour transformer le secteur de l’intérieur. En fait, elle achète ses minéraux dans la zone la plus à risque, en République démocratique du Congo (RDC), où elle espère soutenir les économies locales, tout en réduisant l’impact environnemental des activités d’extraction. Fairphone a donc sélectionné des mines certifiées et s’est associée à plusieurs initiatives capables de tracer l’ensemble de la chaîne suivie par les minerais. Par exemple, la Conflict-Free Tin Initiative, qui propose un système de traçabilité et de due diligence pour s’assurer que l’étain extrait au Sud-Kivu est conforme à la législation (comme la section 1502 de la loi Dodd-Frank) et ne finance pas l’économie informelle et illégale.

Votre Smartphone est d’origine américaine, sud-coréenne, hongkongaise, ou peut-être même française ? Quelque soit le pays où il a été conçu, il y a de fortes chances pour qu’il ait été assemblé dans la ville de Shenzhen, au sud de la Chine. C’est justement là que Fairphone a choisi de faire produire son téléphone, afin de « créer un impact positif dans les régions où la chaîne d’approvisionnement est la plus active ». L’équipe de Bas van Abel fait appel à des partenaires triés sur le volet qui font l’objet d’audits réguliers. L’objectif à long terme, ici, ce n’est pas seulement d’offrir des conditions de travail décentes et un salaire juste aux employés, c’est aussi d’encourager l’innovation sociale au sein des usines. Comment ? En leur offrant des formations pour qu’ils acquièrent de nouvelles compétences, en améliorant leur représentativité et en développant leur capacité à agir (élection de délégués du personnel, participation à la prise de décision, etc.).

Enfin, le Fairphone a été pensé et fabriqué grâce à une approche circulaire, pour avoir une meilleure durée de vie. Il peut être facilement réparé, vendu sur le marché de l’occasion et recyclé. Fairphone veut lutter contre l’obsolescence programmée en mettant l’accent sur le recyclage systématique, dans de bonnes conditions, de ses appareils.

Si Bas van Abel est conscient qu’il est aujourd’hui impossible de produire un mobile 100 % éthique, il est parvenu à créer bien plus qu’un Smartphone « sérieusement cool ». Fairphone est devenu un véritable projet social et environnemental, qui se veut transparent et pourrait bien prouver qu’il est possible de changer, petit à petit, la manière dont nos produits sont fabriqués.

En savoir plus :

- Site officiel de Fairphone

 

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