Brooklyn Grange

Brooklyn Grange, la plus grande ferme en hauteur du monde

Imaginée par des pionniers new-yorkais convaincus des bienfaits de l’agriculture urbaine, la plus grande ferme en hauteur est à présent une société commerciale lucrative.

Tout a commencé en 2010. Les New-Yorkais Ben Flanner, Anastasia Cole Plakias et Gwen Schantz cherchent alors sur les images satellite de Google Earth l’endroit qui pourrait correspondre à leur rêve : une ferme nichée sur un toit de la Big Apple. « Nous avons visité d'innombrables toits à travers New York à la recherche d'un bâtiment grand et structurellement assez solide pour supporter notre ferme d’envergure commerciale. », se souvient Anastasia Cole Plakias, écrivain, photographe, restauratrice et aujourd’hui vice-présidente de Brooklyn Grange.

Six ans plus tard, la société compte trois espaces d’agriculture urbaine en hauteur : à Long Island City, dans le Queens et au Brooklyn Navy Yard. Les premiers travaux d’installation ont été très importants, et lentement, des fermes ont pris forme. Le rendement de Brooklyn Grange dépasse à présent les 22 tonnes de légumes, herbes et fleurs biologiques par an. Une production qui se concentre sur les cultures les plus rentables, car elle est ensuite revendue sur les marchés de gros, à des producteurs détaillants ou des restaurants.

En parallèle se sont aussi développées des activités commerciales : les endroits se louent pour des mariages, des dîners ou des cours de yoga. En journée, des touristes ou des habitants du quartier viennent profiter de ces petits poumons verts au panorama rare sur la ville. L’entreprise agricole possède aussi une trentaine de ruches dont elle revend le miel et sa propre ligne de sauce piquante commercialisée dans des épiceries fines ou des restaurants.

Six ans après ses débuts, Brooklyn Grange emploie désormais une douzaine de personnes. Mais avant d’en arriver là, ces jeunes « écolos » ont été confrontés à la réalité d’un business plan. « Nous voulions au départ ouvrir sept fermes sur les toits, raconte Anastasia Cole Plakias. Mais nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions grossir aussi vite. » Il a déjà fallu du temps pour que les membres fondateurs – tel que cet ex-ingénieur Ben Flanner, aujourd’hui président de Brooklyn Grange – osent abandonner leur métier d’origine pour se consacrer à plein temps à la ferme.

Brooklyn Grange a vu le jour avec 180 000 euros réunis via des investissements privés, des prêts bancaires et un appel au crowdfunding sur la plateforme KickStarter. Sont venues ensuite des levées de fonds qui ont conforté le modèle économique de la jeune société. Leur concept s’est également intégré dans la stratégie municipale de New York (Plan NYC 2030), encourageant propriétaires et constructeurs à faire des surfaces de toiture des « toits blancs » (réfléchissants) ou des « toits verts ». Objectifs : faire baisser la température en centre-ville, réduire la facture énergétique et faciliter le traitement des eaux de pluie.

Cette innovation fut lancé dans la même période que les « fermes verticales » inventées par le professeur Dickson Despommier. Dense et citadine, la population future aura plus que jamais besoin de cette agriculture urbaine. « Aujourd’hui, la philosophie de la ville a changé et nous recevons sans cesse des appels de designers, de propriétaires ou de courtiers qui veulent travailler avec nous », confie Anastasia Cole Plakias.

Image principale : Brooklyn Grange

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