Photothèque VEOLIA - Salah Benacer

Champagne, boues et céramique

Innovante avec son procédé d’oxydation par voie humide exploitée par Veolia, la station d’épuration d’Épernay-Mardeuil va pouvoir réutiliser ces résidus solides minéraux. Une première en France.

Valoriser les technosables pour la voirie ou la filière céramique, c’est la prouesse technologique conduite sur le site d’Épernay-Mardeuil exploité par Veolia.

En bord de Marne, Épernay bénéficie d’un site naturel exceptionnel et d’un environnement propice à la culture du plus célèbre des ambassadeurs français : le champagne. C’est au cœur de ce paysage – 4 200 hectares de vignobles qui créent de l’activité pour 1 200 viticulteurs et 1 500 entreprises – qu’a été conçue la station d’épuration des eaux usées d’Épernay-Mardeuil, inaugurée en 2007.

Le site devait répondre aux contraintes spécifiques de l’activité viticole, qui produit un volume important d’effluents, notamment au moment des vendanges en septembre et lors du lavage des fûts en janvier-février. De plus, l’épandage est quasiment impossible sur ce territoire protégé.

C’est dans ce cadre, qu’OTV,  une filiale de Veolia a mis en place le procédé d’oxydation par voie humide (OVH). Cette première en Europe consistait à réduire les boues d’épuration à la seule matière minérale et à la valoriser en la réintroduisant dans une filière de valorisation. Les eaux traitées sont elles rejetées sans nuisance dans le milieu naturel.

Champagne, boues et céramique

En amont, la technologie Athos, portée par OTV et Veolia, consiste d’abord à mettre en place une étape de « digestion », qui réduit la charge organique. Puis les boues sont chauffées et injectées à haute pression avec de l’oxygène pur, ce qui aboutit à détruire les matières organiques, en ne restituant qu’une très petite quantité de sous-produits minéralisés.

Au final, le gaz produit par la réaction est « propre », le liquide organique obtenu est biodégradable et les résidus solides, ou technosables, composés d’argiles, de calcaires et de phosphates sont limités et recyclables.

Depuis le 31 décembre 2015, un arrêté préfectoral autorise la réutilisation des technosables issus du traitement par voie humide dans la station d’Épernay-Mardeuil.

Ces technosables peuvent servir aux travaux de voirie pour le remblayage de tranchées de la communauté de communes d’Épernay Pays de Champagne (7 % de technosables sont ajoutés au sable utilisé en fonds de fouille pour supporter des canalisations). 700 tonnes de technosables pourront ainsi être valorisées.

Il a fallu huit ans d’études techniques pour valider la réintroduction de ces résidus dans ces filières. C’est une étape majeure dans l’exemplarité du site d’Épernay-Mardeuil. Avec une capacité de traitement de 77 000 à 150 000 équivalent habitants et 30 000 tonnes/an de boues digérées, c’était déjà l’un des premiers sites à utiliser l’oxydation par voie humide en Europe. C’est désormais le premier autorisé en France à réutiliser les technosables issus de cette technologie. Alors, champagne !

Image principale : Photothèque VEOLIA - Salah Benacer

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