Photothèque VEOLIA - Stephane Lavoue

Dans le désert, chaque goutte d’eau compte

À Abou Dhabi, deux stations d’épuration permettent de traiter le volume croissant d’eaux usées de l’émirat et de recycler l’eau à des fins agricoles et industrielles.

Les Émirats arabes unis bénéficient de l’une des économies les plus dynamiques au monde. Cette croissance, qui s’est accélérée dans les années 1990, s’est accompagnée d’un boom démographique et d’un essor urbain fulgurants. Dans l’émirat d’Abou Dhabi, qui couvre 80,5 % du territoire, la population devrait atteindre entre 3 et 5 millions d’habitants d’ici 2030.

Comment soutenir un tel développement sans ou avec si peu d’eau ? Comment assurer l’approvisionnement des habitants, couvrir les besoins de l’agriculture et de l’industrie tout en poursuivant un objectif de développement durable ?

Pour survivre et prospérer dans le désert, les hommes se sont adaptés ; ils ont créé des oasis. Aujourd’hui, ce sont des villes écologiques et des installations futuristes qu’ils font sortir de terre. Le projet ISTP2 (Independent Sewage Treatment Plant), dont Veolia est un partenaire et actionnaire majeur, est un bel exemple de cette formidable capacité d’adaptation.

Développé dans le cadre d’un contrat BOOT (Construction-Propriété-Exploitation-Transfert), ISTP2 comprend deux stations d’épuration, d’une capacité de traitement combinée de 430 000 m3 d’eaux usées par jour : la station d’Al Wathba, située à 40 km au sud-est de la capitale Abou Dhabi, et celle d’Al Hamah, à proximité d’Al Ain.

Le projet poursuit deux objectifs : traiter le volume croissant d’eaux usées en provenance des deux villes, et réutiliser 100 % de l’eau traitée à des fins agricoles et industrielles, permettant ainsi de couvrir certains besoins assurés aujourd’hui par de l’eau de mer dessalée.

Pour cela, les eaux usées empruntent un parcours complexe à travers plusieurs installations. Elles subissent d’abord un prétraitement, qui consiste à les débarrasser des déchets les plus volumineux ainsi que des sables, gravillons et graisses qu’elles contiennent. Intervient ensuite un traitement primaire, qui élimine la majeure partie des matières en suspension grâce au procédé MULTIFLO™ développé par Veolia.

Un traitement secondaire réduit substantiellement la quantité de DBO5 et d’ammoniac, deux polluants organiques ; il comprend un procédé à boue activée (système d’épuration aérobie) et un procédé de clarification. Enfin, un traitement tertiaire, qui inclut une filtration et une désinfection, permet de répondre aux normes réglementaires concernant la qualité des eaux recyclées.

Grâce à ce processus, optimisé à chaque étape pour réduire son empreinte carbone, on obtient non seulement de l’eau pour irriguer les champs, les espaces verts ou les forêts, mais aussi des boues d’épuration, ou « biosolids » (jusqu’à 22 000 tonnes par an), valorisées en amendement organique afin d’améliorer la qualité des sols agricoles. L’usage de ces boues naturellement riches en matière organique et en éléments fertilisants (azote, phosphore, potassium) permet à la fois de réduire les besoins en irrigation et l’usage d’engrais chimiques.

Dans le désert, chaque goutte d’eau, même « usée », compte, et les hommes n’ont cessé d’innover pour entretenir et améliorer les oasis autour desquelles leur vie s’est organisée. En témoignent les stations d’Al Wathba et d’Al Hamah.

Image principale : Photothèque VEOLIA - Stephane Lavoue

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