I Am Not A Virgin

De la poubelle au dressing : les vêtements écologiques

À New York, la marque « I am not a virgin » produit des vêtements à partir de bouteilles en plastique recyclées. Une technologie verte pour une mode plus responsable.

La différence avec les vêtements classiques ? Esthétiquement aucune, écologiquement beaucoup.

On ne le sait pas toujours, mais la fabrication de vêtements est très vorace en ressources naturelles. De grandes quantités d’eau sont nécessaires à la culture du coton et le pétrole est utilisé comme carburant dans les usines de fabrication, mais aussi pour l’acheminement des pièces jusqu’à leurs lieux de vente. Si bien que nos placards regorgent souvent d’habits qui ont coûté bien cher à l’environnement.

Et si l’on pouvait inverser la tendance ? Fabriquer des vêtements tout en respectant la planète ? C’était le rêve de Peter Heron, jeune directeur artistique, lorsqu’il a créé sa marque de vêtements « eco-sexy » à New York en 2013. La particularité de ses vêtements? Ils sont fabriqués à partir d’un mélange de coton et de bouteilles en plastique recyclées. Peter Heron en a tiré le nom de sa marque : « I am not a virgin ». Une manière humoristique de rappeler que, contrairement aux productions classiques, ses vêtements ne sont pas uniquement composés de coton vierge.

Le processus de fabrication est bien rodé. Les bouteilles en plastique sont collectées dans des usines de tri. Elles sont broyées en fines particules puis fondues pour en faire des fils. Ces derniers sont ensuite mélangés à des fils de coton avec lesquels ils sont tissés en toile de jean.

La différence avec les vêtements classiques ? Esthétiquement aucune, écologiquement beaucoup, car ils sont en partie composés de bouteilles en plastique recyclé. Un vrai bénéfice pour la planète puisque, comme le rappelle la marque sur son site Internet, 200 milliards de bouteilles en plastique sont jetées chaque année. Par ailleurs, Peter Heron estime que si cette technologie verte était utilisée pour produire tous les jeans vendus aux États-Unis, 1 milliard de barils de pétrole pourraient être économisés chaque année.

Lauréate en 2014 du prix « Make Impact NYC » ‒ une compétition entre les entreprises « sociales » de New York ‒, la marque a pu pousser l’aventure plus loin. Aujourd’hui, elle produit des pulls et des t-shirts et a pour objectif d’étendre sa collection aux joggings, shorts, sous-vêtements et chaussettes d’ici l’automne. Elle est par ailleurs en train de développer un fil innovant composé de 100 % de PET et de cosses de riz issues des déchets de l’agroalimentaire. Une matière première moins nocive pour l’environnement que le coton.

Enfin, Peter Heron travaille avec des professionnels venant de marques emblématiques, comme Gap ou Marc Jacobs, engagées elles aussi pour l’environnement. Leur objectif : insuffler de l’écologie dans le petit monde de la mode.

Aujourd’hui, Heron est en pourparlers avec de nouveaux investisseurs, et a d’excitants nouveaux projets pour un futur très proche. Attendons de voir qui rejoindra cette aventure !

 

Image principale : I Am Not A Virgin

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