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De l’électricité garantie
100 % tomate

Des chercheurs ont mis au point une pile à combustible biologique qui permet d’exploiter les déchets de tomates pour générer de l’électricité.

S’il fallait citer un aliment aux vertus électriques, nul doute que la pomme de terre serait en tête de liste. Pourtant, en matière de production d’électricité, la tomate n’est pas en reste. C’est la dernière trouvaille qu’un groupe de chercheurs américains a présentée en mars 2016, lors de la réunion annuelle de l’American Chemical Society.

Tomate pourrie, tomate polluante

À l’origine du projet : la volonté de trouver une solution au problème des déchets de tomates. En Floride ‒ l’État dans lequel les scientifiques ont effectué leurs tests ‒, 396 000 tonnes de déchets de tomates sont produites chaque année. Or, lorsqu’elles se décomposent, les tomates dégagent du méthane, un puissant gaz à effet de serre, au pouvoir de réchauffement beaucoup plus important que le CO2.

Une pile à combustible biologique

Les chercheurs ont donc mis au point une pile à combustible biologique, qui fonctionne avec des bactéries. Sa vocation : exploiter les déchets de tomates pour produire de l’électricité.

Dans cette pile, le courant électrique est généré par un processus d’oxydation. Ce processus est déclenché lorsque l’on met en contact les bactéries et les déchets de tomates. L’oxydation émet alors des électrons qui sont ensuite capturés par la pile à combustible, générant ainsi de l’électricité.

La bonne surprise à laquelle ne s’attendaient pas les scientifiques, c’est que le lycopène contenu dans les tomates – le pigment qui leur donne leur couleur rouge – sert de médiateur naturel au sein de la pile. C’est-à-dire qu’il permet de transférer les électrons produits par l’oxydation jusqu’à l’électrode de la pile. Une bienheureuse découverte puisque les médiateurs utilisés en temps normal sont généralement toxiques.

Des résultats encourageants

À ce jour, le dispositif produit 0,3 W d’électricité pour 10 mg de déchets. Le résultat est modeste, mais il constitue tout de même une belle promesse pour la transition énergétique.

D’autant plus que les scientifiques estiment qu’en rodant leur processus, ils pourraient bientôt fournir l’équivalent de 90 jours d’électricité par an au parc d’attractions Walt Disney World. Et ceci uniquement avec les déchets de tomates produits par la Floride.

De quoi laisser rêveur si l’on se projette à l’échelle planétaire...

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