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De l’essence sans pétrole à partir de déchets végétaux

La start-up champenoise Global Bioenergies a inventé un biocarburant fabriqué à partir de déchets végétaux qui s’injecte directement dans les moteurs.

La production de biocarburants, issus de matières végétales, est compétitive face aux hydrocarbures fossiles lorsque le prix du baril de pétrole est supérieur à 50 dollars.

Ne jetez plus vos tontes de pelouse, taillages de haies et autres déchets verts que vous vous apprêtez à collecter avec l’arrivée du printemps. Pendant que les jardins et espaces verts se refont une beauté, l’industrie pétrochimique tremble... Et pour cause.

En récupérant ces végétaux et autres résidus agricoles ou forestiers – principalement de la paille de blé –, une entreprise champenoise, Global Bioenergies, a eu une pétillante idée : produire des hydrocarbures liquides à partir de la fermentation de biomasse. Et, cerise sur le gazon, elle utilise des matières premières qui n’entrent pas en compétition avec la production alimentaire humaine ou animale.

Peintures acryliques, caoutchouc, kérosène et carburant

Converties en sucres fermentescibles, ces ressources non alimentaires donnent naissance à l’isobutène, un gaz qui est indispensable pour fabriquer du caoutchouc, du plastique, certaines peintures acryliques, du plexiglas, du kérosène et du carburant.

Comment ? Pour produire de l’isobutène, des bactéries génétiquement modifiées et plongées dans une cuve de 500 litres ont transformé les sucres – glucose et saccharose – contenus dans les végétaux. La fermentation génère ensuite un gaz qui contient cet isobutène. Celui-ci pourrait bien valoir de l’or noir. Car dans sa version pétrochimique, pas moins de 15 millions de tonnes sont produites chaque année.

D’isobutène à isooctane

Contrairement à d’autres solutions alternatives comme le bioéthanol, il n’est pas nécessaire de modifier ou de limiter son pourcentage pour que cet isobutène circule dans les injecteurs d’un moteur. Bien sûr, pour obtenir ce pétrole vert, le gaz aura tout de même été purifié, rendu liquide et raffiné. Il devient ainsi isooctane et fonctionne immédiatement en s’assimilant à du Super 100 pour moteur à essence.

Ce pétrole vert peu coûteux a déjà fait des émules. Audi l’a testé sur ses véhicules, et a même procédé à des tests moteurs complets pour valider les spécifications de cet isooctane. Et cette technologie verte pourrait très bientôt se retrouver à la pompe, d’autant que l’Europe impose d’ici 2020, l’intégration de 10 % de biocarburants dans les carburants destinés aux transports.

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