Usine de Limay, VEOLIA PROPRETE - Gestion des déchets spéciaux - Crédit photo : Photothèque VEOLIA - Stéphane Lavoué

De l’huile de friture transformée en biodiesel dans nos moteurs

Alors que l’Europe vise l’introduction de 10 % de carburant vert dans tous les réservoirs d’ici 2020, une usine recycle des déchets gras en biodiesel.

Chaque litre d’huile usagée de restaurants valorisée évite l’émission de 3 kilos de CO2. Une tonne d’huile usagée recyclée permet de produire 1 200 litres de biocarburant.

Rappelez-vous, Londres, hiver 2014. Ses célèbres fish and chips défrayent la chronique. Non pas pour leur goût inimitable, mais parce que leur huile de friture a fini par avoir raison des égouts. À force de la jeter dans les éviers, des fatbergs – des banquises de graisse pouvant atteindre 15 tonnes – ont provoqué 80 000 obstructions dans les artères de la mégapole. Coût du pontage : pas moins de 15 millions d’euros. Pourtant, des moyens existent pour récupérer ces huiles alimentaires et même les valoriser. L’idée n’est pas nouvelle. Elle a déjà séduit de nombreux amateurs d’économies à la pompe à essence. Comment ? En utilisant ces huiles de friture pour compléter leur plein de carburant. Seul hic : si l’utilisation de ces mélanges faits maison est tolérée, elle reste illégale. Et jusque-là, aucune démarche industrielle ne permettait d’accéder à ce recyclage très vertueux.

20 000 tonnes de biodiesel par an

Aujourd’hui, c’est chose faite. Sur le port de Limay dans les Yvelines (en France), l’usine de SARP Industries, filiale de Veolia, produit chaque année 20 000 tonnes de biocarburant. Il provient d’huiles alimentaires usagées et de déchets gras qui ont été collectés auprès de 10 000 restaurants. Filtrées, puis lavées, ces huiles récoltées et transportées à l’usine de Limay sont ensuite transformées pour obtenir de l’ester méthylique d’huile usagée (EMHU). Un véritable biodiesel à l’empreinte écologique infime. De plus, il permet de préserver les cultures, comme le blé, le maïs ou le palmier à huile, utilisées dans la fabrication des biocarburants de première génération.

Usine de Limay, VEOLIA PROPRETE - Gestion des déchets spéciaux - Crédit photo : Photothèque VEOLIA - Stéphane Lavoué

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