Arni Saeberg

Des chercheurs transforment le CO2
en pierre

Des chercheurs internationaux ont mis au point une méthode sûre et efficace pour capturer et stocker le CO2 sous la terre : ils le transforment en « pierre ».

Contrairement à une méthode classique, qui stocke le CO2 sous forme de gaz, la nouvelle méthode CarbFix le stocke à l’état solide.

Des chercheurs internationaux ont mis au point une méthode sûre et efficace pour capturer et stocker le CO2 sous la terre : ils le transforment en « pierre ».

Le captage et le stockage du dioxyde de carbone (filière CSC) émanant des centrales électriques et des usines avant qu’il ne pénètre dans l’atmosphère pourraient contribuer à atténuer le réchauffement climatique. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le CSC s’avère même indispensable pour répondre aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Le problème c’est que, si plusieurs techniques sont déjà au point, leur développement reste limité en raison de leur coût et des risques que le CSC comporte : le gaz peut s’échapper dans l’atmosphère ou les aquifères.

Une équipe internationale a peut-être trouvé la solution. Baptisé « CarbFix » (Creating the technology for safe, long-term carbon storage in the subsurface), le procédé développé par l’université d’Islande, le CNRS, le Earth Institute de l’université de Columbia et l’entreprise Reykjavik Energy est expérimenté depuis plusieurs années sur le site de la centrale géothermique de Hellisheiði, la plus importante d’Islande.

Solidifier le gaz

Énergie renouvelable, la géothermie n’est pas tout à fait décarbonée puisque l’exploitation de la chaleur de la Terre s’accompagne de remontées de gaz volcaniques, comme le CO2 et le sulfure d’hydrogène. Le projet CarbFix consiste à capturer ces gaz, à les dissoudre dans l’eau, puis à les injecter dans le basalte à plus de 400 m de profondeur. Se produit alors une réaction chimique, qui transforme le dioxyde de carbone en carbonate solide. En pierre, en quelque sorte. Contrairement à la méthode classique de CSC, qui injecte du CO2 dans la croûte terrestre sous forme de gaz, la méthode CarbFix le stocke donc à l’état solide.

L’expérimentation menée à Hellisheiði a montré qu’il est possible de piéger de grandes quantités de CO2 sous la terre, de « solidifier » le gaz en très peu de temps et de le stocker de manière sûre (beaucoup moins de risques de fuites) et quasi permanente. 95 % du CO2 capturé et injecté dans la roche volcanique a été minéralisé en l’espace de deux ans (les scientifiques prévoyaient plusieurs centaines d’années, voire des millénaires !). Une avancée majeure. Selon les responsables du projet, la méthode CarbFix peut être utilisée dans les centrales à charbon, qui émettent beaucoup plus de dioxyde de carbone, si elles sont situées dans un endroit où il y a beaucoup de basalte, une ressource largement disponible sur la planète.

Sandra O. Snaebjornsdottir

Sandra O. Snaebjornsdottir


 

Image principale : Arni Saeberg

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