Design islandais : une bouteille biodégradable à base d’algues marines

Face à la déferlante d’emballages plastique qui finissent dans l’océan, Ari Jónsson, un jeune étudiant islandais en design, a eu l’idée de créer une bouteille biodégradable à partir d’algues marines.

Cette bouteille, fabriquée à partir d’agar-agar issu des algues, se solidifie une fois pleine et se décompose une fois vide. Tout simplement !

Chaque année, 8 millions de tonnes de plastique finissent dans l’océan. L’équivalent d’un camion poubelle qui s’y déverserait chaque minute... Il y aurait ainsi aujourd’hui 150 millions de tonnes de plastique dans les mers du monde.

Face à ces constats alarmants, un jeune étudiant islandais de l’Académie des arts de Reykjavik a eu une idée : pourquoi ne pas créer des bouteilles biodégradables, voire consommables ?

C’est en mars dernier, lors du festival Design March dans la capitale islandaise, qu’Ari Jónsson a présenté son projet : un emballage fabriqué à partir d’agar-agar, un gélifiant naturel bien connu de ceux qui cuisinent et qui est créé à partir d’algues marines.

Ajouté à de l’eau, le produit devient une pâte gélatineuse qui peut être moulée et transformée en contenant. Rempli, il se solidifie et prend la forme d’une bouteille ; vidé, il se décompose naturellement… ou se consomme puisqu’il est fait à partir d’un produit comestible.

L’invention interpelle. Il faut dire que c’est une réponse originale à la question des déchets plastique qui finissent beaucoup trop souvent au fond des océans.

Des océans gorgés de plastique : un rapport édifiant.

En ce début d’année 2016, le Forum économique mondial pose, dans un rapport édifiant, la question d’une possible « nouvelle économie du plastique », s’appuyant sur quelques constats alarmants.

Nous fabriquons vingt fois plus de plastique qu’il y a cinquante ans, particulièrement pour l’emballage (26 % du volume total du plastique utilisé). La production de plastique est passée de 15 millions de tonnes en 1964 à 311 millions en 2014. Et cette dernière devrait être multipliée par deux d’ici vingt ans.

95 % des emballages plastique sont perdus après avoir servi une seule fois, 14 % d’entre eux seulement sont collectés pour être recyclés. Un taux bien inférieur au papier (58 %) ou au métal (70 à 90 %), toujours selon cette même étude.

Si rien n’est fait, le rapport explique que l’océan contiendra en 2025 une tonne de plastique pour trois tonnes de poissons, et qu’en 2050, l’océan contiendra plus de plastique que de poissons !

Face à ces risques, des associations comme la Fondation Ellen MacArthur ou la Fondation Surfrider alertent et soutiennent les alternatives innovantes.

Avec son invention prometteuse, Ari Jónsson se place dans la lignée de ceux qui réfléchissent à des contenants plus respectueux de l’environnement et plus durables. À l’instar de la PME Algopack à Saint-Malo, qui fabrique une matière rigide à partir de déchets d’algues brunes, ou du collectif londonien Skipping Rocks Lab, qui a créé le concept Ooho !, un contenant pour boire ou à manger.

La nouvelle économie du plastique est en marche.

Image principale : Ari Jónsson

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