Du gaz vert produit à la ferme

Grâce à la méthanisation, les déchets organiques sont transformés en biogaz et en engrais. Ce procédé, qui a conquis le secteur de l’agriculture, séduit aussi les collectivités.

Alternative économique face à la hausse du coût des énergies fossiles, le biométhane, notamment utilisé comme carburant, n’émet que très peu de CO2 et aucune particule fine.

Perrette va devoir troquer son pot contre une citerne. Car désormais, ce n’est plus du lait qu’elle ira vendre à la ville, mais du biogaz. Comme à Mortagne-sur-Sèvre en Vendée. Au cœur de quatre exploitations de veaux, vaches, canards et cochons trônent deux coupoles rutilantes. Elles abritent une unité de méthanisation à la ferme : AgriBioMéthane. Là, 21 tonnes par an de lisier, de fumier et de graisse animale issue des abattoirs des environs sont retraités en biométhane et réinjectés dans le réseau de distribution de Gaz de France (GrDF).

Le biogaz épuré devient biométhane et gaz de ville

Cette méthanisation a conquis le secteur de l’agriculture, et elle a de quoi. En valorisant des déchets peu exploités, elle fournit des engrais, les digestats qui sont des résidus issus de ce process, et du biogaz. Cette énergie renouvelable s’utilise en cogénération pour produire électricité et chaleur. Mais une fois épurée – on lui ôte notamment le CO2, l’oxygène... qu’elle contient en plus du gaz naturel –, elle devient biométhane et peut alors être injectée dans les réseaux de gaz de ville. Les collectivités locales sont également séduites par l’idée de produire du biogaz, tout en trouvant une solution écologique de réduction des déchets.

Du biogaz pour 4 000 habitants

La preuve : Le Plessis-Gassot dans le Val-d’Oise abrite désormais la centrale Electr’od, la plus grande unité de France de production d’électricité et de chaleur à partir de déchets non recyclables. Grâce à elle, une ville exploite pour la première fois du biogaz dans un tout nouveau réseau de chauffage et d’eau chaude, avec à la clé une réduction de la facture d’énergie de plus de 90 % pour les habitants. De son côté, la région Sud-Ouest vient de se doter de son premier méthaniseur industriel, le site Biogaz du Grand Auch. Il valorise jusqu’à 40 000 tonnes par an de déchets issus de l’agriculture, des industries agrolimentaires ou des collectivités locales pour une production de biogaz qui équivaut à la consommation de 4 000 habitants. D’ici 2030, 10 % de biométhane pourrait couler dans les réseaux de gaz ; de quoi rendre progressivement l’Hexagone énergétiquement plus autonome. Et en plus d’être propre et renouvelable, le biogaz plaide en faveur d’une économie circulaire en tant qu’énergie locale.

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