©OTV

En Haute-Savoie, on produit de l’énergie à partir des eaux usées !

En Haute-Savoie, un complexe avant-gardiste a vu le jour. Conçu avec les technologies novatrices de Veolia, il combine station d’épuration, traitement des déchets, et valorisation énergétique et agronomique.

Tous les résidus rejetés par la station sont valorisés.

En Haute-Savoie, quelque part entre le lac Léman et le mont Blanc, se situe « le Grand Massif ». Un vaste espace naturel préservé, mais aussi un domaine skiable très fréquenté pendant la période des sports d’hiver. Entre l’été et la saison touristique, le nombre de résidents passe ainsi de 4 000 à plus de 35 000. Pour les communes implantées sur le Grand Massif, ce surplus de population implique certaines responsabilités en matière de développement durable, notamment en ce qui concerne la gestion des déchets et des eaux usées.

Pour répondre à ces enjeux, le SIVOM, syndicat des communes de Morillon, Samoëns, Sixt-Fer-à-Cheval et Verchaix, a mis en service en 2009, un complexe pour le moins avant-gardiste. Conçu avec les dernières technologies de Veolia, l’aménagement a été pensé à la fois pour traiter les eaux usées, gérer les déchets organiques et végétaux, mais aussi produire de l’énergie. Explications.

Tout commence avec les eaux usées. Celles-ci sont transportées jusqu’à une station d’épuration qui les filtre et les traite, de manière à éliminer toutes les pollutions et les impuretés. L’eau ainsi traitée et dépolluée est réintroduite en milieu naturel. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : le complexe de Morillon a également intégré dans son fonctionnement le principe de circularité. Autrement dit, tous les déchets rejetés par la station sont valorisés.

Ainsi, les boues d’épuration issues du traitement des eaux sont récupérées et placées dans un digesteur. Elles y sont mélangées avec des déchets organiques (graisses alimentaires, restes de nos assiettes) collectés par le SIVOM auprès des restaurateurs, des cantines ou des particuliers. En fermentant, la mixture produit du méthane, qui sert ensuite de combustible à un cogénérateur pour produire de l’énergie. L’installation permet une flexibilité aux variations de nature et de quantité des résidus traités tout en assurant une valorisation efficace en toutes circonstances. Ce dispositif a déjà été mis en place par Veolia dans d’autres stations d’épuration, notamment en Hongrie.

Mais ce n’est pas tout. Une fois utilisées dans le processus de méthanisation, les boues d’épuration sont déshydratées en centrifugeuse. Elles sont alors mélangées à des déchets végétaux ‒ eux aussi récupérés auprès des entreprises locales et des particuliers ‒ pour produire du compost. Ce dernier sert ensuite à revégétaliser les pistes de ski après la fonte des neiges ou encore à fertiliser les prairies agricoles.

Enfin, le complexe comporte également 420 m2 de panneaux photovoltaïques, installés sur ses toits. Ils produisent jusqu’à 63 000 kWh par an. Avec l’énergie produite par la combustion du méthane, cela représente suffisamment d’électricité pour rendre l’ensemble de l’aménagement autonome en énergie.

Bien plus qu’une station d’épuration, le complexe précurseur de Morillon est donc une véritable plateforme de développement durable. Il contribue à préserver l’écosystème du Grand Massif, mais il ouvre surtout la voie aux stations d’épuration de demain. Elles devront permettre de relever le défi de traiter nos déchets tout en produisant de l’énergie.

Image principale : ©OTV

comments powered by Disqus