Crédit : PopUp House

Et si les bâtiments devenaient recyclables ?

Démarche d’écoconception et recyclabilité : une nouvelle dynamique économique, sociale et environnementale est en marche dans la construction des bâtiments.

Tous animés par la même passion : concevoir des projets architecturaux tout en préservant les ressources.

L’ère des bâtiments « upcyclés » est-elle arrivée ? La France vient de se doter d’un label « E+C- » qui fixe un cap pour des constructions exemplaires dès 2020. À énergie positive, ces édifices seront aussi bas carbone. Cette démarche « a pour ambition de mettre en place un standard environnemental unique au monde pour les bâtiments neufs. Il réunit pour la première fois des exigences à la fois en matière d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre dans le bâtiment ».

De plus en plus de bâtiments naissent ou renaissent en intégrant une dimension de recyclabilité. Comme la PopUp House. Des rectangles à assembler façon Lego et une isolation polystyrène pour protéger du froid comme du bruit associée à une ossature bois posée sur pilotis : voici le principe tout simple de cette maison passive et écologique imaginée par Corentin Thiercelin, un ingénieur marseillais.

Légère, elle se monte sans engins de chantier pour un bilan carbone allégé. Sans colle ni liants consommateurs d’eau et nécessitant un temps de séchage important, elle se bâtit en… quinze jours. Mais surtout grâce à l’emploi du bois et du polystyrène à faible empreinte carbone, car composé à 98 % d’air, elle peut être complètement démontée et recyclée.

Architectes de la déconstruction

Cette idée de pouvoir upcycler les bâtiments chemine partout. Baptisé Rotor et fondé en 2005 par Tristan Boniver et Maarten Gielen, le collectif belge comprend des scénographes, des architectes, des ingénieurs, des juristes animés par la même passion : concevoir des projets architecturaux en développant une position critique sur l’utilisation des ressources.

En 2012, Rotor ouvre une plateforme en ligne, nommée Opalis. Celle-ci donne la possibilité de surfer sur le marché de la récup’ pour se fournir en matériaux réemployés. Depuis, les membres du collectif se sont aussi transformés en architectes de la déconstruction. Partenaires de promoteurs, ils trient, conditionnent et revendent les matériaux issus de bâtiments en fin de vie.

Icône C2C

Plus au nord de l’Europe, les Pays-Bas et les pays scandinaves sont devenus pionniers du « cradle to cradle » (C2C) appliqué aux chantiers de construction. C’est d’ailleurs au sud-ouest d’Amsterdam que la dimension recyclable des bâtiments abrite son icône. Chaque jour, du monde entier, on se presse à Haarlemmermeer où le projet Park 20ǀ20 a été mené par l’architecte américain William McDonough.

Le co-inventeur du C2C a conçu 89 000 m2 de bureaux exclusivement autour de la notion de réemploi : de la structure aux finitions intérieures, jusqu’au potentiel recyclage des eaux usées et des matériaux biodégradables.

Derrière ce projet exemplaire se cache aussi un maître d’ouvrage pas comme les autres. Il s’agit de l’investisseur immobilier néerlandais Delta Development. Ce dernier souhaite construire de la valeur durable en bannissant des bâtiments les substances toxiques, tant pour l’environnement que pour la santé des occupants. Il ambitionne aussi de concevoir des immeubles démontables, à partir de matériaux recyclables à l’infini.

En savoir plus :

- Des briques de construction fabriquées à partir de… déchets de construction !
- L’économie circulaire, un avenir plus durable pour le bâtiment
- La maison « off-the-grid »

 

Image principale : Crédit PopUp House

comments powered by Disqus