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Global Soap Project redistribue des savons recyclés aux populations démunies

Recycler les savons d’hôtel pour les redistribuer aux populations défavorisées : c’est le pari de la start-up Global Soap Project, devenue incontournable dans les programmes de santé et d’hygiène.

Collecter, trier, aseptiser et reconditionner les barres de savon pour les redistribuer dans les pays en voie de développement : c’est l’idée du projet Global Soap.

Vous êtes-vous demandé ce que devenait le petit savon d’invité posé sur le plateau de courtoisie de votre chambre d’hôtel ? La plupart du temps, la réponse est claire, il finit à la poubelle. Aux États-Unis, par exemple, ce sont près de deux millions de savonnettes qui sont jetées chaque jour. C’est en constatant ce gaspillage, que Derreck Kayongo, alors réfugié ougandais immigré aux États-Unis, a l’idée avec sa femme Sarah, de collecter et de recycler ces savons. Pourquoi ? Pour les redistribuer dans les pays qui en manquent cruellement. Si se laver les mains au savon est un acte banal dans les pays développés, il reste souvent un geste d’hygiène impossible dans de nombreuses régions du globe. Avec, à la clé, toutes les maladies liées à la contamination par les mains et au manque d’hygiène ‒ dysenteries, diarrhées, pneumonies. Se laver les mains étant la meilleure médecine préventive qui soit ‒ en particulier pour les enfants –, Derreck Kayongo crée en 2009 une start-up, Global Soap Project.

Des bulles de savon enfin récupérées

Global Soap Project repose sur un principe simple : les savons, collectés par les femmes de chambre des hôtels partenaires, sont ensuite acheminés vers une usine de traitement à Atlanta. Là-bas, ils sont triés, aseptisés et reconditionnés, puis confiés à des ONG en Afrique et en Amérique latine. Ces dernières les distribuent ensuite gratuitement lors de visites médicales et préventives.
Pour convaincre que le gaspillage de ces savons est non seulement une menace pour l’environnement, mais aussi une opportunité pour les populations des pays pauvres, Derreck Kayongo a sillonné les États-Unis pendant plusieurs années et rallié à sa cause près de 500 hôtels. Des chaînes hôtelières internationales comme Intercontinental ou Hilton lui ont accordé leur confiance. Aujourd’hui, Derreck a passé la main à Sam Stephens, qui dirige Global Soap Project depuis 2012. La petite start-up est devenue une organisation reconnue comme l’un des acteurs majeurs de la santé et de l’hygiène dans les pays en voie de développement. Depuis 2014, plusieurs grands hôtels italiens – Principe di Savoia, Savoy Grado et Radisson Blues. ‒  ont adhéré au projet.
Depuis sa création, Global Soap Project a permis la distribution de près de 2 millions de savons dans 32 pays, soit presque autant que ce qui est gaspillé chaque jour dans les hôtels américains. Depuis 2015, Global Soap Project a rejoint l’organisation Clean The World, qui collecte les savons, mais aussi les bouteilles en plastique, en vue de les recycler. Aujourd’hui, la start-up développe même des programmes d’éducation à l’hygiène.

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