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« Jerry », l’ordinateur recyclé à faire soi-même

Transformer un jerrican en ordinateur, c’est l’idée développée par trois étudiants français. Objectif : lutter contre la fracture numérique et apporter une solution de recyclage dans les pays en développement.

Des « Jerry Clans » un peu partout dans le monde.

Si dans les pays développés, l’ordinateur est devenu un objet quotidien, il n’en est pas de même dans les pays en développement. Le dernier rapport du Forum économique mondial estime ainsi que 60 % de la population mondiale n’a toujours pas accès à l’informatique.

Pour lutter contre cette fracture numérique, trois étudiants de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle ont monté en 2011 le projet Jerry do-it-together. Le principe : construire des ordinateurs entièrement à partir de matériaux de récupération.

Une prouesse technologique, mais aussi écologique. L’ensemble des composants électroniques est récupéré sur des machines usagées : carte mère, disque dur, alimentation électrique. Les éléments sont ensuite assemblés et fixés à l’intérieur d’un jerrican. Ce dernier est ainsi surcyclé. C’est-à-dire qu’il est vidé de sa fonction initiale pour être utilisé dans un produit de qualité supérieure, en l’occurrence un boîtier informatique.

Il ne reste alors plus qu’à brancher un clavier, une souris et un écran – souvent récupérés dans les décharges ou auprès d’entreprises locales – pour obtenir un ordinateur parfaitement fonctionnel !

Le « Jerry » s’adapte ensuite à tous les besoins. Agrémenté de logiciels libres, il peut être utilisé comme plateforme d’information, réseau Wi-Fi ou encore programme de jeux vidéo. En Côte d’Ivoire, un Jerry sert par exemple de base d’envoi de SMS. Il permet de rappeler aux femmes enceintes qui habitent dans les zones rurales, leurs rendez-vous médicaux de suivi de grossesse.

Mais le coup de génie des fondateurs de Jerry réside sans doute dans ce qu’ils en ont fait : une initiative sociale. En effet, les ordinateurs se construisent lors d’ateliers collectifs, des « do-it-together ». Chacun peut alors s’approprier le savoir-faire technique pour construire par la suite sa propre machine, mais surtout pour diffuser à son tour cette initiative.

En quelques années, des « Jerry Clans » se sont multipliés un peu partout dans le monde, représentant aujourd’hui une véritable communauté internationale.

 

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