©Solar Decathlon Europe / Jason Flakes

La « Coupe du monde des maisons solaires »

Dix jours pour construire vingt maisons qui utilisent le soleil comme unique source d’énergie, voici le défi proposé par le Solar Decathlon qui s’est achevé le 14 juillet en France.

C’est une Coupe du monde d’un genre un peu particulier qui s’est achevée le 14 juillet 2014 à Versailles. Vingt équipes internationales se sont affrontées dans le parc du château de Versailles. Ici, pas de stade ni de ballon, mais un vaste chantier sur lequel vingt maisons peu ordinaires ont surgi, en dix jours seulement.

La raison de cette agitation dans les jardins du Roi-Soleil, c’est le Solar Decathlon, une compétition lancée en 2002 aux Etats-Unis et qui a eu lieu pour la première fois en France. 800 jeunes sont venus du monde entier pour participer à cette Coupe du monde des maisons solaires. Pour ces jeunes étudiants en architecture ou en ingénierie, c’est l’occasion de passer du papier et des maquettes à la réalité et d’inventer l’habitat du futur. Ils ont eu un an pour élaborer leur projet en amont, puis dix jours pour le bâtir à Versailles.

Comme dans la compétition olympique, il fallait passer dix épreuves, correspondant à dix critères définis par le jury, pour remporter le décathlon. Ainsi, chaque maison solaire a été notée en fonction de son coût, son confort, son efficience énergétique, et a pu être visitée par le public lorsque le village solaire éphémère a ouvert ses portes, du 28 juin au 14 juillet.

Réhabiliter la ville et s’ancrer dans un contexte local

Loin de l’utopie, les décathlètes avaient pour mission de construire une maison abordable et reproductible à l’échelle industrielle. Souvent, les participants ont eu à cœur d’ancrer leur projet de maison solaire dans un contexte local propre à leur pays d’origine.

Ainsi, l’équipe italienne termine en tête avec son projet RhOME for DenCity qui vise à transformer un quartier suburbain au sud-est de la capitale italienne, Tor Fiscale, en écoquartier. Pour remplacer les constructions de fortune, les étudiants ont imaginé un immeuble de douze appartements. Des panneaux solaires, bien sûr présents sur le toit, sont aussi utilisés en guise de panneaux coulissants et isolants que les résidents peuvent moduler selon la météo.

Sur la deuxième marche du podium, le projet français Philéas prévoit aussi de réinvestir un site historique. Il s’agit de transformer un bâtiment industriel désaffecté de Nantes en logements collectifs, en ajoutant notamment une verrière photovoltaïque sur le toit pour créer une serre. Ce dispositif crée non seulement une source de chaleur pour l’immeuble, mais il permet aussi de cultiver fruits et légumes dans un esprit durable et locavore, prônant la consommation d’aliments cultivés dans un périmètre proche de son domicile.

Soucieux de conserver les anciennes maisons de briques typiques des Pays-Bas, les étudiants néerlandais proposent de les envelopper dans une structure de polycarbonate et de panneaux solaires qui fait office de bouclier thermique. Ils ont obtenu le troisième prix du Solar Decathlon.

Il y avait une multitude de bonnes idées dans les autres projets en lice, tous consultables sur le site du Solar Decathlon. Rendez-vous en 2016 pour la prochaine édition.

En savoir plus :

- Le site du Solar Decathlon 2014
- Le projet italien Rhome for DenCity en vidéo
- Le projet français Philéas en vidéo
- Le projet néerlandais Prêt-à-Loger en vidéo

 
 

Image principale : ©SolarDecathlon Europe / Jason Flakes

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