Le café, une boisson riche en… énergie !

En Amérique centrale, l’ONG UTZ Certified utilise les eaux polluées des fermes de café pour produire de l’énergie. Pour un café moins gourmand en eau… et plus environnemental !

La production d’une tasse de café, cette boisson indispensable à votre réveil matinal, requiert au bas mot... 140 litres d’eau.

Si en lisant cet article, vous avez à la main un café, ne le lâchez surtout pas : selon les chiffres de WWF, la production d’une seule tasse de cette boisson, indispensable à votre réveil matinal, requiert en effet au bas mot 140 litres d’eau. En 2010, cette situation pousse UTZ Certified, la plus importante ONG de certification de la filière caféière, à lancer le programme Energy from Coffee Wastewater. Objectif, optimiser le lavage des fruits. Avant d’être un grain prêt à passer au moulin, le fruit du caféier est en effet entouré de pulpe, chair juteuse dont il faut le débarrasser pour que la cerise de café devienne boisson. Ce nettoyage se fait à grande eau, une opération catastrophique pour les nappes phréatiques : si le café obtenu en fin de processus booste en effet votre journée, le liquide généré à l’issue de ce grand bain est, lui, clairement imbuvable. Chargée en jus, cette « eau miel », riche en acides et matière organique, pollue les rivières d’Amérique centrale, où est produit 70 % du café de la planète… mais où se trouvent aussi 31 % des ressources mondiales en eau !

Du méthane dans la cuisine

La technique imaginée par UTZ Certified est donc simple : faire circuler les eaux de lavage dans un biodigesteur (vidéo francophone), un réacteur qui utilise des déjections animales pour produire du gaz. À l’intérieur du dispositif, on trouve en effet une fine couche de boue digérée, riche en bactéries : celles-ci se nourrissent de la pulpe sucrée contenue dans le liquide souillé... et produisent par la même occasion du méthane. Une véritable économie circulaire, puisque cette réaction biologique, non contente d’épurer les eaux, génère de l’énergie que les fermiers peuvent utiliser au quotidien, de la cuisine au chauffage. Par ailleurs, dans les exploitations équipées, le dispositif a également contribué à réduire la quantité d’eau employée pour laver les fruits – une bonne nouvelle, puisque le volume d’eau utilisé pour le nettoyage d’un kilogramme de cerises de café équivaut à la consommation quotidienne d’une famille de six personnes... En quatre ans, l’association UTZ a ainsi équipé de générateurs de biogaz 19 fermes – huit au Nicaragua, dix au Honduras, une au Guatemala – et songe à installer le système dans d’autres pays : Colombie, Pérou ou Brésil... L’association serait même à la recherche de partenaires financiers pour faire voyager le mécanisme jusqu’aux fermes du Kenya et du Vietnam ! Gageons que l’impact environnemental de votre tasse de café quotidienne devrait s’en trouver soulagé !

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