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L’Égypte fait pousser une forêt avec ses eaux usées

Dans le nord de l’Égypte, des scientifiques récupèrent les eaux usées de la ville d’Ismaïlia et s’en servent comme engrais pour faire pousser des arbres. En seulement 15 ans, une forêt de 200 hectares a grandi dans le désert.

Un immense potentiel pour l’ensemble des zones arides dans le monde.

L’Égypte est l’un des pays les plus arides du monde : le désert recouvre 97 % de sa superficie. Le manque d’eau et l’infertilité des terres constituent une vraie menace pour ses 82 millions d’habitants. D’ailleurs, la quasi-totalité d’entre eux vit regroupée dans la vallée du Nil, seule région cultivable.

Le meilleur moyen d’endiguer le phénomène de désertification est de faire pousser des arbres. Ceux-ci constituent en effet une barrière naturelle contre les tempêtes de sable.

Mais pour grandir dans le désert, un seul arbre a besoin de 10 litres d’eau par jour. Alors, comment faire pousser une forêt ? Une équipe de scientifiques a trouvé la solution : utiliser les eaux usées.

L’eau usée comme engrais naturel

À deux heures au nord du Caire, des scientifiques ont eu l’idée de récupérer les effluents de l’usine de traitement des eaux usées de la ville d’Ismaïlia.

L’eau est partiellement traitée : elle a été débarrassée des résidus organiques et des matières polluantes, mais contient encore du phosphate et de l’azote. Une combinaison que l’on retrouve dans les engrais commerciaux ! Si l’eau est impropre à la consommation humaine, elle constitue donc un parfait engrais pour les plantes.

L’initiative remonte aux années 1990 durant lesquelles le gouvernement égyptien a lancé un vaste plan de reforestation pour réhabiliter les zones les plus arides du pays.

De nombreuses variétés d’arbres ont été plantées dans la région d’Ismaïlia. Avec les bonnes conditions d’ensoleillement et l’engrais issu des eaux usées, ils poussent quatre fois plus vite que ceux des forêts européennes. En 15 ans, ils ont déjà presque atteint leur taille maximale alors qu’il faut compter plus de 60 ans en France. À tel point que la forêt dite « de Sérapium » s’étend aujourd’hui sur plus de 200 hectares.

Un espoir pour les zones arides

Cette prouesse présente trois avantages non négligeables. D’abord, valoriser les eaux usées permet de préserver les ressources naturelles en eau, dans un pays qui affronte d’importantes difficultés d’approvisionnement pour sa population.

Par ailleurs, l’initiative a permis de créer des emplois locaux : 18 forestiers veillent chaque jour à la bonne croissance des arbres. Enfin, la forêt est source de revenus : la vente du bois des acajous et des eucalyptus qui y ont été plantés contribue à dynamiser l’économie de la région.

Pour l’ensemble des zones arides dans le monde, ce système d’irrigation présente un immense potentiel, car il pourrait répondre à la problématique de la production agricole en zone infertile. Rien qu’en Égypte, avec ce processus, 650 000 hectares de désert pourraient être convertis en forêt.

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