Crédits : Solara 50, Titan Aerospace, Google (http://titanaerospace.com)

Les éco-drones, un nouvel œil sur la planète

Autrefois réservés à un usage militaire, les drones sont aujourd’hui utilisés pour préserver l’environnement. On les appelle les « éco-drones ». Pour les scientifiques, ils sont un nouveau moyen d’observer le monde. Et de le protéger.

Un nouvel oeil sur la planète

Le premier avantage des drones, c’est bien sûr leur autonomie. « Si l’on arrive à automatiser totalement le drone, sans avoir besoin de le téléguider, cela devient très intéressant », explique Philippe Boutemy, responsable du Pôle Technologies et Systèmes Industriels au sein de Veolia Recherche et Innovation (VERI). « Il suffit alors de définir une trajectoire et de programmer une mission. Puis, soit on capte les données recueillies pendant le vol en temps réel, soit on les récupère une fois que le drone est rentré à la base. ».

Le drone, qui embarque une caméra et/ou plusieurs capteurs, offre également la possibilité d’obtenir des images HD et de couvrir des zones inaccessibles. Une solution à faible coût pour « combler les lacunes existantes entre l’imagerie satellite et les prises de mesures directement sur le terrain. ».

Les drônes au service de l'environnement

L’éco-drone trouve ses premières applications dans l’observation de la nature et des changements environnementaux. Il prend des mesures et des images, contribuant à une meilleure connaissance des milieux naturels et de leur évolution. « L’imagerie satellitaire permet d’obtenir de bons visuels pour étudier la déforestation, la désertification ou le recul des glaciers », explique Philippe Boutemy. Cependant, si l’on veut obtenir des informations précises, le drone peut devenir un allié de choix. « On peut imaginer planter des capteurs autoalimentés grâce au energy harvesting dans la zone à surveiller. Dès que le drone passe au dessus de cette zone, ces capteurs envoient des données qui sont ensuite interprétées au sol. L’analyse de ces données pourrait alors nous renseigner sur les menaces potentielles ou les causes ‘naturelles’ de la dégradation d’un environnement naturel à tel ou tel endroit. »

Quant aux utilisations de drones pour préserver la biodiversité, elle se multiplient partout dans le monde. En Angleterre, ils suivent des espèces d’oiseaux menacées sans les déranger ; en Allemagne, ils protègent les faons des moissonneuses-batteuses.

En Asie, Afrique et Amérique Latine, les éco-drones sont déjà employés pour surveiller les activités destructrices. En 2011, le Brésil acquérait 14 drones pour lutter contre l’exploitation illégale du bois, le braconnage et les mines clandestines. Ils présentent également un intérêt dans la prévention des risques : catastrophes naturelles, incendies… Rapides et faciles à déployer, ils peuvent s’aventurer dans des endroits dangereux – au cœur d’un cyclone, à l’intérieur d’un volcan...

Aujourd’hui, il y a une telle diversité qu’on peut adapter le drone à différents types de besoins. Le potentiel est énorme !

« Le seul frein que je vois, c'est notre imagination »

C’est ce que Philippe Boutemy répond, lorsqu’on l’interroge sur les perspectives offertes par les drones. « Il y a beaucoup de choses à faire autour du drone. Certains engins ont la taille d’une abeille, d’autres sont aussi grands qu’un planeur. Aujourd’hui, il y a une telle diversité qu’on peut adapter le drone à différents types de besoins Le potentiel est énorme ! ». Il nuance : « Le risque, c’est de vouloir le substituer à des technologies qui ont déjà fait leurs preuves. Le drone oui, mais pas partout et pour tout. Il faut très clairement définir les besoins et évaluer la pertinence et la viabilité de leur usage. ».

Peut-on, dès lors, imaginer de grandes initiatives internationales exploitant les drones ? Selon l’UNEP, les membres de programmes comme le REDD+ pourraient en bénéficier. Verrons-nous émerger des projets collaboratifs comme Ushahidi, où des particuliers s’empareraient de cette technologie pour crowdsourcer la surveillance environnementale, par exemple ? Le projet Global Forest Watch inclut déjà le drone dans ses moyens de surveillance des forêts.

Oui, le seul frein au développement des éco-drones sera notre imagination.

En savoir plus :

- A new eye in the sky: Eco-drones
- Les drones pour la surveillance environnementale

Image principale : Solara 50, Titan Aerospace, Google

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