Photothèque Veolia - Christophe Majani d'Inguimbert

Les têtards, sentinelles
de l’environnement

La start-up WatchFrog a imaginé une technologie surprenante pour évaluer la qualité de l’eau : les larves fluorescentes.

Spécialisée dans l’évaluation des risques environnementaux, la start-up WatchFrog a imaginé une biotechnologie surprenante pour évaluer la qualité de l’eau : les larves fluorescentes. Une méthode fiable et 5 à 10 fois plus rapide que les tests conventionnels.

On retrouve dans les eaux usées en sortie de station d’épuration des micropolluants issus des activités humaines (solvants, cosmétiques, médicaments, additifs alimentaires, etc.). Les concentrations sont infimes mais certains d’entre eux présentent un risque pour la santé des organismes vivants ; elles perturbent durablement et de façon irréversible le fonctionnement hormonal. Ce sont les perturbateurs endocriniens, et WatchFrog s’est donné pour mission de les détecter grâce à des tests biologiques.

Pour être repérée de façon fiable, cette perturbation doit être testée sur un organisme qui possède un système hormonal. Pour WatchFrog, le défi était de concilier cette exigence avec l’impératif éthique et la possibilité d’industrialiser le procédé. La société a donc choisi d’utiliser des larves miniatures d’amphibien et de poisson génétiquement modifiés, physiologiquement très proches de l'être humain, ses « sentinelles de l’environnement ». Grâce à des biomarqueurs, elles émettent une lumière au contact des perturbateurs endocriniens. « La grande originalité de la technologie consiste à combiner les avantages d’un modèle in vivo – prise en compte du métabolisme, pertinence des tests par rapport à l’humain – avec la facilité, la sensibilité, l’automatisation et le faible coût de l’in vitro. ».La méthode de WatchFrog permet à des sociétés spécialisées dans le traitement de l’eau de développer une technologie de traitement tertiaire des eaux usées, un ensemble de procédés complémentaires pour réduire davantage la présence de micropolluants. Parce qu’aujourd’hui, l’eau n’est plus seulement dépolluée, elle est recyclée. Dans certains pays arides, 20 % des eaux usées sont réutilisées de façon indirecte. À Windhoek, en Namibie, 35 % de l’eau consommée provient du recyclage des eaux usées. Et dans l'espace, ou sur la base antarctique Concordia, l’eau est recyclée à 100 % !


Image principale : Photothèque Veolia - Christophe Majani d'Inguimbert

comments powered by Disqus