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Petit poisson deviendra grand grâce à l’énergie des déchets

En Australie, à Woodlawn, une ferme piscicole produit 2,5 tonnes de poisson par an. Sa principale source d’énergie ? Des montagnes de déchets.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ». Cela pourrait être la devise de Tarago, un village du sud-est de l’Australie qui compte quelque 500 habitants. De la fin des années 1970 jusqu’en 1998, le site était connu pour la richesse de son sous-sol, d’où l’on extrayait de l’or, de l’argent, du cuivre, du plomb et du zinc à la mine de Woodlawn. Après la faillite de l’exploitant, la mine était destinée à devenir une décharge pour les déchets des 4,7 millions d’habitants de Sidney, à 250 kilomètres de là. Woodland aurait pu tomber dans l’oubli, comme tant de sites miniers abandonnés. C’était compter sans une reconversion « verte ». Aujourd’hui, le site de Woodlawn fournit de l’électricité, du compost, et même du poisson frais. Tout cela à partir des ordures des Sydnéens.

« Pour nous, les déchets sont une ressource que l’on peut exploiter », Justin Houghton, directeur du site de Woodlawn.

Tout a commencé en 2005, avec la mise en place d’un bioréacteur par la société Veolia. La décomposition des déchets – Woodlawn en reçoit 1 800 tonnes chaque jour – produit du méthane, récupéré par un bioréacteur qui génère de l’électricité, suffisamment pour alimenter 2 500 foyers toute l’année. Mais ce n’est pas tout : dès 2010, Veolia expérimente un système de pisciculture unique en son genre. La chaleur qui émane des générateurs est utilisée pour chauffer les bassins d’une ferme d’élevage de barramundis, une espèce qui évolue dans une eau à 28 °C. Depuis 2014, après quatre ans de tests, ces poissons sont vendus à Canberra. Le site de Woodlawn a une capacité de production annuelle de 2,5 tonnes de barramundi. En outre, parmi toutes les ordures, les déchets organiques sont collectés et transformés en compost destiné à nourrir le sol de la mine, appauvri par vingt ans d’exploitation.

À Woodlawn, les déchets sont une ressource précieuse : le méthane qu’ils génèrent sert à produire de l’électricité propre – ce faisant, on évite au passage de rejeter ce gaz à effet de serre dans l’atmosphère – et la chaleur engendrée par cette opération permet de chauffer une ferme piscicole où l’on élève des poissons qui se retrouvent ensuite dans les assiettes des Australiens, avant de finir dans leurs poubelles. Dans un pays où la consommation de produits de la mer est très importante, voilà ce qu’on appelle un exemple d’économie circulaire réussi. Ce projet a d’ailleurs été récompensé deux fois cette année aux Australian Business Awards dans les catégories Innovation et Développement durable.

En savoir plus :

- Cycle alimentaire : Veolia primée en Australie
- Veolia récompensée aux Australian Business Awards
- Un article en anglais dans The Australian
- Vidéo, Woodlawn MBT Facility : la transformation des déchets organiques en compost à Woodlawn, Australie

 
 
 

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