Fruits de palmier à huile - Crédit : Getty Images

Quand les résidus de l'huile de palme se transforment en biocarburant

En transformant les résidus de production d’huile de palme, il serait possible de créer des biocarburants exemplaires. Les travaux de deux chercheurs ouvrent la voie…

En exploitant les résidus de production de l'huile de palme, mais aussi d'autres résidus du même type, les chercheurs de l'EPFL espèrent donner naissance à une nouvelle génération de biocarburants.

Deux chercheurs de l'EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne), Edgard Gnansounou et Jeganathan Kenthorai Raman, pourraient bien redonner ses lettres de noblesse à l'huile de palme dont la culture est parfois décriée. L'étude qu'ils ont menée fait apparaître que les résidus de sa production pourraient servir à produire pas moins de 30 composés chimiques, dont au moins 3 seraient fort utiles.

Dans la pratique, les grappes du palmier, une fois récoltées, sont pressées pour extraire de l’huile. Celle-ci est utilisée en cuisine, dans certains savons, dans la composition de cosmétiques ou d'agro-carburants. En revanche, les résidus fibreux sont jetés après l’extraction de l’huile.

Les trésors cachés des résidus de production de l’huile de palme

Le travail des deux chercheurs de l'EPFL a consisté à analyser ces résidus et à optimiser le processus chimique capable de les transformer en éléments utiles.

Dans le cas des déchets de production de l'huile de palme, on pourrait notamment obtenir :

- Du bioéthanol, un biocarburant pour les moteurs à essence à base d'éthanol.
- Du furfural, un composé très utilisé dans le monde industriel. Il sert notamment de solvant dans la raffinerie pétrochimique, ou encore dans la fabrication d’arômes alimentaires.
- De la lignine, un combustible solide.

Les résultats de cette étude pourraient bien transformer l'univers des biocarburants, auxquels on adresse aujourd’hui deux types de reproches. En premier lieu, leur prix est trop élevé du fait d'un processus de production coûteux. D'autre part, cultiver certaines plantes comme la betterave pour la production exclusive de biocarburants se ferait au détriment de cultures destinées à l’alimentation.

Une nouvelle génération de biocarburants

En exploitant les résidus de production de l'huile de palme, mais aussi d'autres résidus du même type, les chercheurs de l'EPFL espèrent donc donner naissance à une nouvelle génération de biocarburants issus de récoltes non-arables ou de déchets agricoles jusqu'alors incinérés ou abandonnés dans les champs : enveloppes de riz, tiges et feuilles de maïs, paille de blé, etc.

Si tout reste à faire, la démarche proposée s'inscrit bien dans les objectifs fixés par l’Union européenne : parvenir à ce qu’au moins 10 % des carburants utilisés pour les transports soient issus de sources d’énergie renouvelable d’ici 2020 et apporter un soutien accru aux produits chimiques de base biologique.

Image principale : Fruits de palmier à huile - Crédit : Getty Images

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