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Tout est bon
dans le cochon !

Fabriquer un asphalte écologique à base des déjections liquides du porc : c’est le pari d’Ellie Fini, une ingénieure et professeure américaine.

Chaque année, 163 milliards de litres de lisier issus de l’élevage porcin sont produits dans le monde : trouver des filières de valorisation s’avère un enjeu majeur.

L’idée d’un asphalte éco-durable réalisé à partir des déjections porcines a germé dans la tête d’une ingénieure et professeure américaine de Greensboro, Ellie Fini, et de son équipe de l’Agricultural & Technical State University de Caroline du Nord.

163 milliards de litres de lisier de porcs à valoriser dans le monde

Leur découverte est simple : dans le lisier de porc liquide issu de l’élevage se trouve une huile. Extraite, cette huile peut devenir un liant qui, combiné à des gravillons et à du sable, donne de l’asphalte destiné, par exemple, à la construction routière.

Ce liant « bio-adhésif » présente de nombreux avantages. Le premier est d’éviter de recourir aux hydrocarbures dérivés du pétrole.

Le second est d’obtenir un asphalte non seulement écologique, mais aussi plus pérenne et plus résistant. Ce qui aux Etats-Unis, où l’automobile est reine, n’est pas un mince argument... D’autant que le procédé coûterait seulement 0,56 dollar par gallon de bitume (un gallon est l’équivalent de 3,8 litres).

La formule permet enfin de limiter la contamination des eaux – l’une des conséquences des lagunes ouvertes de lisier qui se multiplient un peu partout, et en particulier aux Etats-Unis.

La découverte d’Ellie Fini et de son équipe ouvre des perspectives de valorisation intéressantes pour les 163 milliards de litres de lisier porcin produits chaque année dans le monde !

Dans la foulée de leur découverte, Ellie Fini, Mahour Parast et Daniel Oldham ont créé la société Bio-Adhesive Alliance en février 2013. Couronnée de nombreux prix depuis, leur invention a reçu l’approbation de la très sérieuse National Science Foundation. Bio-Adhesive Alliance souhaite aujourd’hui développer son bio-adhésif, baptisé le PiGrid, pour la fabrication d’asphalte mais aussi pour des produits de couverture ou d’étanchéité.

Un liant alternatif au pétrole

D’autres pistes de valorisation du lisier et du fumier – c’est-à-dire des déjections et de la paille – sont actuellement à l’étude: l’une d’elles consiste à réduire l’ammoniaque contenue dans le lisier pour en faire un fertilisant moins nocif qu’un engrais classique ; une autre vise à en extraire le méthane pour l’utiliser en source d’énergie. Une belle boucle d’économie circulaire en somme : de la ferme à la ferme !

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