Crédit : JF Deroubaix

Un vent nouveau souffle sur l’éolien en ville

Repenser visuellement l’éolien, apporter un service électrique qualitatif de proximité : c’est le principe de l’Arbre à Vent made in France conçu par la start-up NewWind.

C’est le bruissement des feuilles des arbres qui a inspiré au fondateur de NewWind son Arbre à Vent. Une éolienne urbaine biomimétique et poétique adaptée à la ville.

Les innovations technologiques partent souvent d’une observation simple. Jérôme Michaud-Larivière, fondateur et PDG de NewWind depuis 2011, en est l’exemple. C’est en observant les feuilles des arbres bruisser dans un jardin qu’il a l’idée d’une éolienne biomimétique, en forme d’arbre, qui moissonnerait l’énergie perdue du vent et de l’air. Convaincu par sa découverte, Jérôme Michaud-Larivière abandonne alors son ancienne vie de scénariste pour la télé et le cinéma et se consacre à son invention.

Son « Arbre à Vent » prend racine après trois ans et demi de recherche et développement. Exit les mâts et les pales imposants et sonores, l’Arbre à Vent se veut beau, utile, efficace et silencieux. Chaque feuille, ou « Aeroleaf », est une microturbine équipée d’un microprocesseur qui permet d’extraire le maximum d’énergie du vent disponible.

D’une hauteur de 10 m, avec 63 Aeroleafs, cet arbre capte les vents sur 360° avec une puissance installée de 4,1 kW. Sur la base d’un gisement de vent moyen sur un an, NewWind assure que son modèle permet d’éclairer 455 m de voie publique soit l’équivalent de 15 lampadaires, ou 71 places de parking extérieur, ou encore de fournir 83 % de la consommation d’électricité d’un foyer ‒ hors chauffage.

Restait à concevoir visuellement cette éolienne inspirée de la nature. La proposition poétique et organique du designer Claudio Colucci a donné corps à l’Arbre à Vent. Le tronc central est libéré, les feuilles positionnées d’une manière faussement chaotique pour capter le maximum d’air.

Une grande visibilité lors de la COP21

Deux prototypes made in France à 98 % sont installés, l’un en 2013 en Charente-Maritime, l’autre en 2014 à la Cité des télécoms en Bretagne. Deux modèles sont exposés au Bourget pendant la COP21, puis déplantés pour être replantés, l’un à Roland-Garros, l’autre à la Défense.

Depuis 2015, une présérie est installée en condition réelle pour valider les process industriels. Des collectivités ou entreprises françaises, mais aussi suisses ou allemandes, sont partenaires de cette présérie : le centre commercial Unibail en Allemagne, la banque Piguet Galland à Genève, la ville de Vélizy-Villacoublay, la société Icade pour son parc d’affaires à Aubervilliers.

Si le prix de cet arbre atteint 46 500 euros HT, NewWind réfléchit aussi à des versions plus accessibles pour les particuliers, comme des « branches » ou des « buissons ». Des systèmes mixtes ‒ éolien et photovoltaïque ‒ sont également à l’étude, la modularité de l’Aeroleaf suscitant beaucoup d’intérêt chez les architectes.

L’Arbre à Vent s’est vu décerner de nombreux prix, dont le coup de cœur de la Fondation Nicolas Hulot en 2015 et le premier prix du jury et du public du Grand prix de l’innovation du Conservatoire national des arts et métiers.

En 2016, les quelque 60 plantations prévues – de Saint-Brieuc à l’université de Rouen – devraient finir de convaincre que beau, utile, technologique, poétique et durable peuvent cohabiter dans la ville durable de demain.

Image principale : JF Deroubaix

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