Une bière plutôt qu’un pain perdu

Au Royaume-Uni, Tristram Stuart, militant antigaspi et fondateur de la start-up Toast Ale, a trouvé une façon originale de lutter contre le gaspillage du pain : fabriquer de la bière à partir des invendus des boulangeries et des croûtes de pain jetées

Le pain est l’un des produits alimentaires les plus gaspillés. Au Royaume-Uni, par exemple, 44 % de la production finit à la poubelle, ce qui représente près de 900 000 tonnes de pain chaque année et environ 24 millions de tranches par jour. Beaucoup trop pour Tristram Stuart, militant antigaspi initiateur du Banquet des 5 000, et fondateur de la start-up Toast Ale. Le Britannique a trouvé une façon originale de lutter contre ce gaspillage : fabriquer de la bière avec les invendus des boulangeries et les croûtes de pain laissées de côté par les fabricants de sandwichs.

Brasser de la bière à partir des restes de pain… C’est l’étonnante (et sympathique) rev-ALE-ution initiée par Tristram Stuart.

Surplus et invendus

44 % du pain produit au Royaume-Uni finit à la poubelle. Près de la moitié de ces 44 % n’arrive même pas sur les tables des foyers et des restaurants. Parce que les clients préfèrent manger leur casse-croûte sans croûte, les usines de sandwichs et les traiteurs retirent les croûtons et les premières tranches des miches et des baguettes de pain, soit 17 % de la quantité totale de pain produite selon Toast Ale. Et parce que nous sommes habitués à un approvisionnement en pain frais quotidien, les boulangeries et les supermarchés se débarrassent des invendus de la journée.
Une partie de ces surplus de pain frais est collectée par des associations qui les redistribuent aux personnes défavorisées. Toast Ale récupère le reste auprès des usines et des artisans.

Du pain et moins de malt

Quant au processus de brassage de la bière avec du pain, il n’est pas tellement différent de celui de la bière traditionnelle. Du malt, du houblon, de la levure et de l’eau… On retrouve les mêmes ingrédients. En y incorporant du pain, on peut remplacer environ un tiers de la quantité de malt habituellement utilisée. Cela permet de valoriser une ressource qui aurait autrement été gaspillée, tout en évitant d’en mobiliser une autre.
Toast Ale ambitionne de déployer cette pratique un peu partout dans le monde, en partageant la recette de sa bière et en collaborant avec d’autres brasseries (au Royaume-Uni, mais aussi aux États-Unis ou en Afrique du Sud) pour l’adapter aux conditions et traditions locales.
C’est une véritable « rev-ALE-ution » (le terme « ale » désigne les bières de fermentation haute) que Tristram Stuart veut impulser auprès des brasseurs ! Une révolution qui s’inscrit dans un mouvement global de lutte contre le gaspillage alimentaire et qui montre, comme Le Banquet des 5 000 ou d’autres initiatives telles que Disco Soup, à quel point les réponses apportées à ce problème peuvent être créatives, ingénieuses et festives.
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