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Une bio-batterie origami dopée aux bactéries

Un chercheur américain a développé une bio-batterie pliable qui coûte seulement 0,05 $. Nourrie aux bactéries, cette solution économique se destine aux zones où les ressources en énergie manquent.

Quel enfant n’a pas été fébrile face à ce morceau de papier qu’il espérait transformer en cocotte ou en avion, de fortune certes, mais prêt à voler ? Aujourd’hui, s’il ajoutait quelques bactéries sur la surface de sa feuille aspergée de nickel, il pourrait la transformer en pile électrique, puis, une fois repliée, la ranger dans une boîte d’allumettes. Cette possibilité est née dans les laboratoires de l’université de Binghamton (États-Unis) sous le microscope de Seokheun « Sean » Choi. Pour concevoir cette batterie de poche, ce scientifique a utilisé l’origami, une technique ancestrale de pliage venue d’Asie qui fait déjà beaucoup d’émules dans la communauté des chercheurs outre-Atlantique. Ils l’exploitent pour créer des objets ou des vêtements connectés, des batteries souples de Smartphones ou des micro-robots contorsionnistes.

Une goutte d’eau usée et 5 cents pour produire de l’électricité

Grâce à la technique de l’origami, les batteries pliables se connectent entre elles pour additionner la puissance électrique. Exit donc les montages en série ou en parallèle qui occupent beaucoup de place. De plus, cette invention est écologique. Composée de papier recyclé, elle n’utilise pas de nanomatériaux polluants comme les dérivés de dioxyde de cobalt et de lithium ni de métaux qu’il faut extraire, à l’instar du plomb, du fer, de l’aluminium ou du magnésium. Le courant électrique est produit par des bactéries qui vivent dans les quelques gouttes d’eau nécessaires au fonctionnement de cette pile. Résultat : pour un coût de 5 cents, selon son créateur, cette technologie verte permet de produire de l’électricité là où elle manque. Dans la foulée, Sean Choi souhaite créer un bio-capteur également conçu à base de papier. Rendu autonome grâce aux quelques microwatts délivrés par sa bio-batterie, il servirait à révéler la présence de maladies dans quelques gouttes de sang. Un dispositif destiné à réaliser des dépistages d’urgence en cas de crise sanitaire pour à peine un dollar. Soit 100 fois moins qu’un seul test pour détecter le virus Ebola.

Image principale : D.R

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