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Vers une nouvelle économie du plastique

Lors du Forum de Davos de janvier 2017, la Fondation Ellen MacArthur a présenté une série de mesures qui permettraient de faire passer le taux de recyclage des emballages plastiques de 14 % à 70 %.

En raison de leurs propriétés, de leur polyvalence et de leur faible coût, les emballages plastiques font partie de notre quotidien. La pollution qu’ils engendrent aussi. En janvier 2016, une étude menée par le Forum économique mondial et la Fondation Ellen MacArthur affirmait que si l’on ne fait rien, il y aura plus de plastique que de poissons dans l’océan en 2050. Face à ce constat, un nouveau rapport, The New Plastics Economy : Catalysing Action publié en janvier dernier à l’occasion du Forum de Davos, propose une série d’actions concrètes pour réduire l’impact environnemental des emballages plastiques. Il s’articule autour de trois axes : le redesign et l’innovation, la réutilisation et le recyclage.

Redesigner les emballages et investir dans l’innovation

Le rapport identifie quatre types de conditionnements qui ne peuvent être ni réutilisés ni recyclés, soit parce que les procédés utilisés ne sont pas viables économiquement, soit parce qu’ils sont techniquement trop complexes : les petits emballages individuels, les emballages multi-matériaux, les polymères de type PVC ou polystyrène expansé, et les emballages souillés par des déchets organiques. Si l’on ne change pas notre approche, environ 30 % des emballages plastiques ne pourront jamais être réutilisés ou recyclés !

Cela nécessite notamment de repenser les formats et la façon dont les produits sont distribués aux consommateurs afin de réduire les besoins en conditionnements individuels. L’exemple des canettes de soda cité dans le rapport illustre le potentiel de telles mesures. Dans les années 1970, l’anneau qui se détachait lors de l’ouverture d’une canette, difficile à collecter, était souvent jeté. La mise en place d’un mécanisme dit « Stay-On-Tab » a permis la collecte et le recyclage de ces anneaux.

Une autre voie réside dans l’innovation, qui s’applique à la fois aux technologies de traitement de ces déchets, et au développement de nouveaux emballages, comme les emballages multi-matériaux compostables ou totalement dissociables.

Encourager la réutilisation

Selon le rapport, la réutilisation pourrait concerner 20 % des emballages plastiques et représenter une opportunité économique d’au moins 9 milliards de dollars. Pour rendre cela possible, la Fondation Ellen MacArthur recommande notamment d’encourager la réutilisation des emballages à la maison. Appliqué aux conditionnements des produits d’hygiène et de beauté et des produits d’entretien, cela pourrait permettre d’économiser environ 3 millions de tonnes d’emballages, soit l’équivalent d’au moins 8 milliards de dollars.

La Fondation appelle aussi à substituer les sacs réutilisables aux sacs plastiques à usage unique. Si tous les pays du monde parvenaient à un taux de 95 % de remplacement, cela pourrait représenter une réduction annuelle de 300 milliards de sacs à usage unique et générer près d’un milliard de dollars d’économie.

Améliorer le recyclage

Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, seuls 14 % des emballages plastiques sont collectés afin d’être recyclés. Ce faible pourcentage s’explique par la difficulté à traiter ces déchets qui se présentent sous une grande variété de formes et se composent de différents matériaux. Bien que certaines filières ‒ comme celle du recyclage du PET ‒ soient bien développées, la plupart du temps, les coûts de collecte, de tri et de valorisation des emballages plastiques dépassent les revenus générés.

The New Plastics Economy : Catalysing Action appelle donc les industriels à mener des efforts concertés et à mettre en place de bonnes pratiques dans le cadre d’un protocole global. L’objectif : tendre vers une harmonisation à la fois des packagings (dans quatre domaines : formats, matériaux, coloration et additifs) et des systèmes de collecte et de tri, afin d’améliorer la recyclabilité des emballages, ainsi que la qualité et la rentabilité économique du recyclage. Ces améliorations pourraient concerner 50 % des emballages plastiques.

Soutenu par plus de quarante industriels, parmi lesquels Unilever, Danone ou Veolia, ce nouveau rapport de la Fondation Ellen MacArthur dessine ainsi « une nouvelle économie du plastique », basée sur les principes de l’économie circulaire.

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