NEVHOUSE

Vivre dans du plastique ?

Réduire les volumes de déchets plastiques tout en luttant contre la pauvreté, c’est possible. Partout dans le monde, des entrepreneurs développent la maison de demain, en plastique recyclé ou surcyclé.

D’un côté, d’innombrables tonnes de déchets plastiques qui finissent chaque année dans la nature. De l’autre, des millions de sans-abris vivant dans des conditions insalubres. Entre les deux, une solution : construire des maisons en plastique recyclé ou surcyclé. Des habitats à la fois sociaux et responsables, qui se multiplient aux quatre coins de la planète grâce à des initiatives innovantes.

À Guadalajara, la deuxième plus grande ville du Mexique, environ 3 000 tonnes de déchets plastiques sont produites chaque jour. Une précieuse ressource pour Kuadro, une PME locale qui les récupère et les recycle en planches de PET (polytéréphtalate d’éthylène). Une fois assemblées, celles-ci permettent de construire des maisons low cost, vendues à 5 000 dollars US. Une véritable opportunité pour les populations défavorisées qui ont rarement accès à des logements en dur.

Même principe du côté de Nevhouse, une entreprise basée à Singapour, qui développe ses solutions dans toute l’Asie du Sud-Est. Les plastiques sont collectés puis recyclés en planches de PET pour créer des maisons assemblables en seulement cinq jours. Sur son site Internet, la société rappelle tous les bienfaits de ces habitations 2.0 : responsables, non toxiques, ayant une durée de vie moyenne de 100 ans, mais aussi résistantes à l’eau, aux tremblements de terre et au feu. En Indonésie, le gouverneur de Bali s’est déjà laissé séduire et a prévu de faire construire 20 000 habitations de ce type dans le plus gros bidonville de l’île.

En matière de bioarchitecture, l’« upcycling » n’est pas en reste. L’ingénieur allemand Andreas Froese a eu l’idée de surcycler les bouteilles en plastique vides pour les transformer en briques. Il suffit pour cela de les remplir avec de la terre, de les empiler puis de les attacher les unes aux autres à l’aide d’un filet. Il reste alors à combler les interstices avec du sable puis à recouvrir le tout avec de la chaux, pour construire un mur parfaitement solide et esthétique. Depuis 2001, sa société ECO-TEC développe cette innovation un peu partout en Amérique du Sud, en Angola, en Inde ou encore à Haïti. L’objectif : apporter de nouvelles solutions de construction aux populations locales, mais surtout les aider à poser un regard nouveau sur leurs déchets.

Kuadro : « Mexican company turns plastic waste into low-cost housing » :

Nevhouse : « Construction of the Nevhouse » :

Image principale : NEVHOUSE

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