La tour Warka Water - Copyrights : Architecture and Vision / Arturo Vittori

Warka Water, château d’eau en milieu aride

Dans la région Amhara, au nord de l’Éthiopie, femmes et enfants doivent parcourir des dizaines de kilomètres hors de leurs terres montagneuses pour s’approvisionner en eau souvent non potable.

9 mètres de haut pour seulement 60 kilos ; une structure en forme de vase faite à partir de tiges de bambou, et du tissu. C’est à peu près tout ce qu’il faut pour peut-être pallier ce problème majeur d’accès à l’eau de façon rapide, efficace et durable.

Il ne pleut pas, mais c’est tout comme

Jusqu’à 100 litres d’eau collectés chaque jour. Tel est l’objectif de Warka Water, qui tire son nom d’un figuier local majestueux, symbole de fertilité, également point de ralliement lors des réunions de villageois, ou des classes menées par les instituteurs. Le principe est simple : pendant les moussons, les gouttes de pluie glissent le long du cordage en bambou. Lors des périodes sèches, c’est un tissu très fin emprisonné dans la tour qui capture l’humidité de l’air sous forme de microgouttes de condensation. Le cordage achemine ensuite cette eau propre vers la base de la tour. Il n’y a plus qu’à se servir.

La tour est jouée

Selon son concepteur, l’architecte italien Arturo Vittori, aucune machine n’est utile à sa construction, et seulement quatre personnes suffiraient à l’édifier et l’installer. De plus, le matériel nécessaire se trouve aisément sur place. « On veut lancer un projet Do It Yourself » a-t-il déclaré. C’est là la grande force de Warka Water : cette tour a été inspirée directement par le lieu qu’elle peuplera, s’adaptant au mode de vie des habitants et à leurs traditions, mais aussi aux conditions climatiques et aux limites matérielles. « J’ai observé comment est construit l’habitat, indique Vittori, comment les gens fabriquent leurs objets de tous les jours. Et même comment ils s’habillent eux-mêmes. Je me suis inspiré des toukouls, ces maisons rondes faites en torchis avec un toit tissé. Des paniers ou des tapis tressés très typiques de cette localité... ».

La première tour Warka Water devrait être installée près de Bahar Dar, au nord-ouest du pays, à environ 3 000 ou 4 000 mètres d’altitude. Si le test est concluant, on devrait la voir fleurir partout où les populations en ont besoin, se fondant parfaitement dans le paysage local. Et parce que l’Éthiopie a perdu 90 % de ses forêts en à peine 50 ans, Vittori et son équipe ont décidé, à chaque tour installée, de planter un warka. Une façon de coupler l’accès à l’eau potable à une mise en valeur des ressources.

Pour en savoir plus :

- Découvrez le site officiel du studio d’architectes à l’origine de Warka Water

Image principale : La tour Warka Water - Copyrights : Architecture and Vision / Arturo Vittori

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