© Ivanka

Buvons sous la pluie

Rainhouse est un prototype de maison qui transforme l’eau de pluie en eau potable. Présenté à Milan en avril dernier par le studio hongrois IVANKA, le dispositif s’inscrit dans le projet The Water of Life.

Lors du Salon international du meuble de Milan, les visiteurs ont pu assister à une démonstration un peu particulière. Dans les jardins du Superstudio Più, un nuage en coton menaçant est suspendu au-dessus d’une petite maison sans murs. Lorsque le nuage se met à produire de la pluie artificielle, la maison s’active pour convertir cette eau de pluie en une eau claire et rafraîchissante, prête à être consommée par les curieux qui s’amassent sous le toit transparent.

Rainhouse s’appuie sur le bio-concrete, qui désigne à la fois le matériau (un béton biocompatible) et l’ensemble du processus de filtration développés et brevetés par IVANKA (qui conçoit de nombreux objets en béton surprenants). Installé sur le toit, il permet de traiter l’eau sans produits chimiques pour la débarrasser de ses impuretés et rétablir un bon pH (entre 6,5 et 8,5 pour une eau potable). L’eau de pluie ruisselle sur le toit et va passer au travers de plusieurs filtres : celui en béton, d’abord, puis des tuyaux en acier inoxydable qui la purifient encore davantage pour retirer les dernières particules polluantes. L’eau est ensuite stockée dans une citerne, en béton là encore.

Dans un contexte où nos ressources en eau diminuent, la récupération des eaux pluviales est une piste très intéressante. D’autant que lorsqu’elle tombe du ciel, l’eau de pluie est relativement propre. C’est en circulant sur les trottoirs des villes qu’elle se charge de poussière, de saleté et de polluants. Certains architectes commencent à intégrer des systèmes de filtration innovants dans leurs projets de construction. Par exemple, au musée des arts et des sciences de Singapour, l’eau est récoltée sur un toit très imposant en forme de fleur de lotus, accumulée dans un grand bassin d’agrément, puis recyclée pour alimenter les sanitaires du bâtiment. Mais la particularité du projet The Water of Life, c’est que cette eau n’est plus seulement recyclée, elle est transformée en une eau potable purifiée. « Cela pourrait être le chainon manquant de l’habitat écologique », a déclaré Katalin Ivanka, la directrice de création d’IVANKA.

La technologie bio-concrete peut être installée sur le toit d’une ancienne maison ou d’une construction en cours. Elle peut s'adapter à toutes les tailles de bâtiments, du pavillon à l’usine, en passant par la petite ferme familiale. Bien sûr, le système ne sera efficace que dans les lieux où les précipitations sont suffisantes, mais ses créateurs estiment que cela concerne la moitié des villes du monde, même s’ils ne précisent pas comment cette technologie pourrait être implémentée (ni à quel prix) dans les régions les plus pauvres.

 

Pour aller plus loin :

- The Water of Life, la page du projet
- Des exemples de bâtiments qui récupèrent l’eau de pluie à travers le monde
- Le site du studio Hongrois IVANKA

Image principale : © Ivanka

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