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Ces classes moyennes qui vont changer le monde

Gare à la fièvre acheteuse ! Avec 5 milliards de personnes en 2030, les classes moyennes vont entrainer un boom de la consommation… avec quelles conséquences environnementales ?

La fièvre acheteuse des classes moyennes est plutôt positive – sur le globe, le niveau de vie augmente – si elle ne possédait un revers, son impact environnemental !

Aujourd’hui, ils sont plus d’un milliard. Demain, en 2020, ils seront près du triple. Ils, ce sont les ménages de la classe moyenne, ces familles dont les revenus approchent les 35 000 dollars (environ 27 000 euros). En première ligne, l’Asie, où se trouveront bientôt les deux tiers de ces nouveaux ménages. Roulement de tambour, la Chine y occupera la première place avec 80 millions de foyers aisés. Viendront ensuite le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Turquie et l’Inde... Dans ces pays émergents, une population fraichement en mesure de consommer s’apprête à se lancer à l’assaut des centres commerciaux. Car c’est un fait, plus vous gagnez d’argent, plus vous en dépensez. Selon les économistes, c’est à partir de 10 000 euros de revenus annuels qu’explose la demande en biens de consommation dits « durables » – lave-linge ou ordinateur –, ainsi appelle-t-on ces objets qui s’utilisent durant plusieurs années. Après la nourriture, le logement ou les vêtements, l’augmentation du confort d’un foyer passe en effet par l’équipement, du grille-pain à la moto. Une fièvre acheteuse plutôt positive – de l’Amérique à l’Asie, le niveau de vie va augmenter sur tous les continents – si elle ne possédait un revers, son impact environnemental. Quand vous consommez plus, vos objets aussi ! De l’écran ultraplat au véhicule flambant neuf, ces appareils, friands en eau, pétrole ou électricité, exercent une pression accrue sur les ressources naturelles. Au final, c’est donc la planète qui trinque à mesure que grimpent les ventes de réfrigérateurs, de télévisions ou de téléphones portables.

Pouvoir d’achat... 56 trillions !

Si, pour le moment, il est difficile de prévoir les conséquences environnementales exactes de l’arrivée de ces nouveaux consommateurs sur le marché, l’estimation de leur pouvoir d’achat en dit long sur leur possible ampleur. Estimé à 21 trillions en 2009, celui-ci pourrait en effet atteindre les 56 trillions en 2030. Au final, les classes moyennes des pays émergents dépasseront en nombre celles des États-Unis, qui, dans l’imaginaire collectif, constituent pourtant les grands champions de la consommation, entre automobiles XXL et burgers surdimensionnés. À l’avenir, les Chinois et leurs achats pourraient cependant laisser sur place les Américains. En 2030, l’empire du Milieu possèdera en effet la classe moyenne la plus large au monde, avec des amateurs de shopping à revendre. Les Chinois avouent ainsi pour 40 % d’entre eux préférer le lèche-vitrines à toute autre activité, un loisir qu’ils pratiquent avec assiduité : en 2007, leur temps de shopping était en moyenne de 9,8 heures par semaine… contre 3,6 heures pour un Américain moyen. S’il n’est pas encore temps de fredonner Let’s go to the mall en mandarin, ce refrain pourrait, si l’on n’y prend garde, coûter très cher à la planète… à moins que le modèle économique ne change ! Celui-ci, envisagé de façon circulaire, avec des produits pensés pour être déconstruits et non plus détruits, pourrait, en rompant avec l’épuisement des ressources, assurer à la fois la satisfaction du consommateur et la sauvegarde de l’environnement. Rien n’est donc perdu, à condition d’entrer dans la boucle !

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