Tokyo, le long du fleuve Sumida

Ces villes qui domestiquent les inondations

Partout dans le monde, les métropoles innovent pour faire face aux inondations. Un défi urbain pour un meilleur cadre de vie ?

Face aux inondations, les villes cherchent désormais à apprivoiser l’eau plutôt qu’à la combattre.

Quel est le point commun entre Buenos Aires, Los Angeles ou Tokyo ? La réponse se trouve dans la montée des mers : avec le réchauffement climatique, les métropoles pourraient bientôt souffrir des crues. Selon les Nation unies, les inondations menaceraient en effet 233 cités sur la planète, de New York à Rio. Mais si le risque de catastrophe naturelle s’accroît, les villes se préparent. Certaines d’entre elles cherchent même à apprivoiser l’eau plutôt qu’à la combattre, telles sont les conclusions du Popsu, la plate-forme d’observation des projets et stratégies urbaines… Publié aux éditions Parenthèses, l’ouvrage Villes inondables croise ainsi les approches étudiées par son programme Europe, sous la direction de l’architecte Jean-Jacques Terrin. Et selon lui, « les inondations représentent aujourd’hui une situation naturelle dont il faut certes se protéger, mais aussi profiter ! » Partout sur le Vieux Continent, les métropoles s’ouvrent donc aux panoramas aquatiques. Faisant le tour des solutions imaginées, l’architecte-paysagiste Nicolas Gilsoul en a tiré cette étonnante conclusion : pour se protéger des inondations, il existerait cinq stratégies types, pas plus ! « Les dispositifs innovants ne naissent non pas de l’invention d’une stratégie nouvelle, mais de la réinterprétation et de la combinaison d’archétypes existants », explique-t-il ainsi.

L’arche, le mur ou l’éponge ?

Selon lui, pour lutter contre l’eau, les villes auraient le choix entre cinq solutions : l’arche, le mur, l’éponge, l’étagement ou encore la déviation. Quand la stratégie de l’arche consiste à rendre la ville flottante – exemple en Allemagne, où Hambourg se transforme en véritable laboratoire d’architecture sur zone inondable, en installant espaces d’exposition et bureaux insubmersibles dans le vieux port –, le mur repose sur le principe de la digue, toujours plus haute et plus épaisse, pour préserver les espaces citadins… L’éponge, elle, s’intéresse à l’absorption des milieux urbains, dont les urbanistes essayent d’améliorer les capacités de rétention en y développant de nouveaux espaces publics : à Toulouse, le Grand Parc Garonne cherche ainsi à s’affranchir de ses digues pour amener ses promeneurs au contact du fleuve, avec la reconquête et l’aménagement de 32 km de berges… Enfin, l’étagement, du pilotis à la colline, permet de rehausser la ville hors de l’eau, tandis que la déviation, elle, divise le flux des eaux pour en réduire la force : à Angers, la métropole cherche donc à se rapprocher de l’eau, en édifiant une trame verte et bleue des basses vallées angevines jusqu’à la Loire… Le point commun de ces aménagements innovants ? À l’équilibre entre risque et attractivité, ils misent sur l’attrait de nouveaux paysages, au plus près de l’eau...

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