La REcyclerie

Conférence à la REcyclerie : l’économie circulaire au service de l’industrie

Dans le cadre d’un cycle de conférences à la REcyclerie, Veolia est revenu sur les grands enjeux de l’économie circulaire pour les industries. Découvrez des inspirations tout droit venues des Pays-Bas.

Depuis mars 2016, la REcyclerie a lancé l’« Europe des possibles », un programme qui met chaque mois en avant les initiatives d’un pays européen en matière de développement durable. En juin, ce sont les Pays-Bas qui sont mis à l’honneur.

Partenaire principal de ce programme et de la REcyclerie, la fondation Veolia a mis en place un cycle de cinq conférences dédiées à l’économie circulaire. La deuxième édition de cette série de rencontres a eu lieu mardi 14 juin sur le thème de « l’économie circulaire au service de la performance industrielle ». Résumé.

Inverser la tendance

La planète connaît une période charnière de son histoire. Avec l’explosion de la démographie mondiale et le développement des classes moyennes, la tension sur les ressources naturelles est de plus en plus forte. À ce rythme, nous aurons bientôt vidé la Terre de toutes ses réserves.

Pour inverser la tendance, il devient urgent de changer nos modes de production et de consommation. Autrement dit, de trouver un moyen de réutiliser les ressources. C’est tout l’enjeu du passage d’une économie linéaire (produire - utiliser - jeter) à une économie circulaire (produire - utiliser - réexploiter).

Le rôle des industries

Acteurs majeurs de l’économie, les industries ont tout leur rôle à jouer dans cette transition. Il s’agit pour elles d’embrasser une nouvelle dynamique consistant à mieux gérer leurs ressources et limiter leurs rejets.

Pour y arriver, elles doivent prendre de nouvelles habitudes dans quatre grands domaines.

  1. Auprès des fournisseurs : il s’agit d’entrer dans une logique d’achat responsable.
  2. Sur site : les industries doivent limiter au maximum les impacts de leur production sur l’environnement. C’est ce que l’on appelle le management environnemental.
  3. L’offre : les produits et les services mis sur le marché doivent être écoconçus.
  4. Auprès des clients : il s’agit d’inciter le public à consommer plus vert. Cela passe notamment par des actions de sensibilisation et de communication responsable.

L’usine de café Jacobs Douwe Egberts est un bon exemple d’une industrie ayant réussi le pari de l’économie circulaire. Sur son site de Joure, Veolia a travaillé pendant trois ans au développement d’une chaudière biomasse. Les résidus issus de la torréfaction du café servent de combustible à la chaudière. En brûlant, ils dégagent de la vapeur qui est utilisée comme énergie renouvelable pour la production du café. Mise en place en 2013, cette innovation a permis à l’usine de réaliser plus d’un million d’euros d’économies et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 70 %.

Les « green deals » : la politique publique comme levier pour l’innovation

Autre démarche néerlandaise inspirante : les « green deals » ou « pactes verts ». À travers ce programme mis en place en 2011, l’État s’associe à différents organismes (entreprises, collectivités, centres de recherche, etc.) en vue de lever les freins auxquels sont confrontés les projets circulaires. Il peut s’agir de freins règlementaires, organisationnels ou technologiques.

Lorsqu’un « green deal » est passé, chaque partie prenante se porte volontaire et s’engage à agir à son échelle pour la bonne réalisation du projet. Depuis 2011, 175 « green deals » ont été conclus. Ils ont tous été choisis pour leur capacité à générer des résultats rapides et à pouvoir s’étendre facilement à l’échelle du territoire. Ils constituent surtout une belle preuve que l’action publique peut agir comme un véritable levier au service du développement de l’économie circulaire.

Prenons le cas du port de Rotterdam, l’un des plus grands au monde. Il assure un trafic maritime toujours plus important et accueille diverses industries parmi les plus polluantes : chimie, gaz, pétrole. Pour pallier les risques environnementaux, le port, la municipalité de Rotterdam et le district South Holland se sont associés dans un objectif d’écologie industrielle. Dans le « green deal » conclu, les industries du port sont considérées comme un seul écosystème. Objectif : optimiser les flux et réduire les rejets. Cela passe par exemple par un captage et un stockage commun du CO2. Ou encore par le transfert de l’énergie depuis le port vers la ville. Pour y parvenir, un pipeline de 26 km de long a été construit. Il récupère la vapeur émise par différentes industries et la transporte jusqu’à un quartier de la ville, chauffant ainsi 50 000 habitants. Une installation phare qui permet au port de mettre son activité directement au service de l’économie circulaire.

En conclusion

Le mot de la fin revient à Amélie Rouvin, chef de projet environnement chez Veolia. Selon elle, deux grands défis restent à relever pour entamer pleinement la transition vers une économie circulaire.

Le mot de la fin revient à Amélie Rouvin, chef de projet environnement chez Veolia. Selon elle, deux grands défis restent à relever pour entamer pleinement la transition vers une économie circulaire.
Premier défi : développer de nouveaux business models vertueux et rentables. C’est-à-dire permettre aux entreprises de réaliser des gains à la fois écologiques et économiques. Deuxième défi : passer à une grande échelle. L’économie circulaire recouvre tous les champs de notre société. Elle est l’affaire des industries, mais d’une manière générale de toutes les entreprises, des collectivités, des associations, et bien sûr, des citoyens !

 

Image principale : crédit La REcyclerie

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