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Des épinards sur le toit : l’agriculture à l’assaut des villes

La ville du futur sera agricole ! En septembre 2014, une conférence internationale réunit les experts autour d’une idée folle, faire pousser fruits et légumes en plein cœur de la cité.

Du 9 au 10 septembre 2014, la Conférence internationale sur l’agriculture verticale et urbaine réunira les experts pour laisser au végétal le champ libre dans la cité !

Hier, la ville mangeait la campagne, terres arables grignotées par la croissance citadine, aujourd’hui, les champs démangent l’espace urbain, qui ne cesse de se végétaliser ! Des rebords de balcon rougis par les fraisiers aux rangs de patates plantés sur les toits, chacun sa méthode pour verdir le bitume et faire que choux, tomates et carottes s’implantent sans encombre sur le béton. Bonne nouvelle pour l’aficionado de verdure sur building, la tendance devrait s’accentuer : selon les prévisions des Nations unies, 65 % de la population vivra en ville en 2050, d’où une mutation obligée de la cité ! L’agriculture urbaine y sera devenue banalité, de manière à réduire le transport de fruits et légumes désormais cultivés et consommés sur place, dans des agglomérations non plus grises et bétonnées, mais végétalisées au maximum ! Reste que passer un potager de l’horizontale du champ à la verticale du bâtiment n’a rien d’une mince affaire. Depuis 15 ans, les prototypes fleurissent donc au fil des mégalopoles du monde entier. Désormais, le mouvement a même ses journées : du 9 au 10 septembre 2014, la Conférence internationale sur l’agriculture verticale et urbaine réunira au Royaume-Uni de nombreux experts internationaux : agronomes, designers, industriels, tous sont attendus à Nottingham pour laisser aux végétaux le champ libre dans la cité.

Des fermes gratte-ciel

Pionnier de la démarche, le chercheur américain Dickson Despommier sera de tous les débats : en 1999, ce professeur de l’université Columbia de New York développe en effet le concept de « farmscraper », littéralement ferme gratte-ciel, en imaginant une tour dédiée à l’agriculture en plein cœur de la ville. Si aucun bâtiment de cette ampleur n’a encore vu le jour, de nombreux projets défrayent régulièrement la chronique et seront également présentés à Nottingham, à l’image de l’édifice Sky Greens, serre tout en hauteur érigée depuis 2012 à Singapour. Si, comme Sky Greens, les constructions, à l’avenir, devaient se végétaliser des façades jusqu’aux toits, l’agriculture urbaine, dans le futur, s’introduira également dans la maison. Dans cette optique, l’entreprise Philips a ainsi créé le « Biosphere Home Farming », mini-ferme permettant à chacun de produire sa propre nourriture, de l’eau filtrée et du gaz. Reste qu’avant de goûter des tomates ou des crevettes issues de cette surprenante unité autonome, encore faudra-t-il attendre sa commercialisation… pas avant une dizaine d’années. Pour le moment, c’est donc à Lyon que le premier « farmscraper » français pourrait bien jaillir de terre. Sous l’acronyme FUL, c’est-à-dire Ferme urbaine lyonnaise, se dissimule une exploitation maraichère étirée sur des plateaux superposés, qui pourrait produire plus de 600 000 laitues par an… Des salades ? Oui, mais dans l’assiette seulement, car à en croire le calendrier du projet, la tour ne devrait pas rester longtemps sur le papier : fin du chantier prévue à l’horizon 2016...

En savoir plus :

- Le site de la conférence VFUA.

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