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Des vieux vêtements pourraient faire voler les avions

Au Japon, un transporteur aérien, un expert du recyclage et une entreprise spécialisée dans les technologies vertes développent le premier carburant fabriqué à partir de tee-shirts et de jeans recyclés.

La pollution du trafic aérien est modérée. Mais avec une croissance de 4 à 5 % par an, cet impact pourrait doubler dès 2025.

D’ici à 2034, le nombre des passagers aériens va doubler, pour atteindre 7 milliards de voyageurs ! Avec le développement des pays émergents et la multiplication des compagnies low-cost, le trafic mondial est en plein boom. Sachant qu’un Boeing 747 consomme plus de 12 000 litres de kérosène... par heure, le recours aux carburants alternatifs est un enjeu clé pour l’industrie aéronautique. De nombreuses pistes sont explorées.

Huiles végétales hydrotraitées ou encore carburants de synthèse issus de la biomasse (résidus de bois, pailles de céréales, déchets forestiers), par exemple, font l’objet de nombreuses recherches à travers le monde.

Ces carburants alternatifs dits « drop-in » – car ils sont directement incorporés au kérosène – ont déjà fait leurs preuves. Mais leur coût reste encore élevé par rapport au carburant d’origine fossile.

Trio nippon

Pour plancher sur une alternative économique et écologique, trois entreprises japonaises ont noué un partenariat autour d’une idée originale : valoriser de vieux vêtements en carburant drop-in. C’est la compagnie aérienne nationale Japan Airlines qui a initié l’aventure, puis elle s’est associée à deux spécialistes.

D’une part, JEPLAN, qui recycle des matériaux en tous genres et qui est également la référence nationale dans la collecte de vêtements usagés. D’autre part, Green Earth Institute, pépite de la green technology nippone, qui fabrique des biocarburants à impact carbone neutre et des produits chimiques issus de la biomasse non alimentaire.

Le trio a développé un nouveau type de carburant : un bioéthanol à base de vêtements recyclés ! Aujourd’hui, près de 12 distributeurs, représentant 1 000 magasins dans tout le pays, récoltent vieux jeans et tee-shirts auprès de leurs clients pour donner vie à ce projet.

Une fois récupérés, les vêtements usagés subissent leur dernier bain avant de devenir biocarburant. Via un procédé de fermentation, des micro-organismes dégradent les sucres contenus dans le coton, pour qu’ils deviennent alcool puis carburant alternatif.

100 tonnes de fibres pour 10 000 litres de carburant

Un exploit technologique et écologique, certes, mais qui pour le moment n’est pas de nature à vraiment changer la donne. Cent tonnes de fibres textiles permettent de produire 10 000 litres de carburant : c’est moins que la consommation d’un Boeing 747 en une heure. Et même si l’intégralité du coton consommé au Japon était ainsi transformée, elle fournirait à peine 1 % de la consommation nationale de carburant.

Le trio nippon parie quand même sur le démarrage de vols d’essai avec un mélange de kérosène et de dérivé de coton dès 2020, ainsi que sur le lancement d’une usine dédiée en 2030. Cette technologie pourrait aussi s’appliquer à d’autres déchets à valoriser, comme le papier.

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