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Glasgow, bientôt la « circle city »

La cité écossaise veut se positionner en ville phare de l’économie circulaire. L’industrie agroalimentaire est un premier terrain d’expérimentation.

Utiliser les déchets du pain pour la fermentation et le brassage de la bière ; c’est l’une des idées du plan pour une ville durable mené par la cité écossaise.

Devenir une « circle city », et même être à la pointe en matière d’économie circulaire, c’est le projet de Glasgow avec son Circle City Scan. Commandé à l’entreprise néerlandaise Circle Economy, qui conseille des collectivités sur des programmes d’économie circulaire, le rapport Circle City Scan of Glasgow de juin 2016 résulte d’un partenariat inédit entre la municipalité écossaise, le plan gouvernemental écossais anti-gaspillage « Zero Waste Scotland » et la Chambre de commerce de Glasgow.

Originale, cette étude ne propose pas seulement des solutions réduisant l’impact environnemental de la ville, mais également de vrais modèles économiques. Elle identifie les industries de pointe grâce auxquelles l’économie de la ville pourrait devenir plus « circulaire » et définit des stratégies possibles de mise en œuvre.

Dans la troisième ville du Royaume-Uni, qui compte près de 600 000 habitants, l’économie se concentre sur trois secteurs qui représentent 30 % de l’activité : la santé, l’éducation et l’industrie. C’est plus spécifiquement dans le secteur agroalimentaire que des innovations ont été proposées, la filière ayant été identifiée comme celle détenant le plus haut potentiel « circulaire ».

Il faut dire que ce secteur consomme 51 % de l’énergie de la ville, génère plus de 2 000 camions de déchets par an et nécessite donc plus que tout autre des solutions plus durables.

Quatre projets pilotes

Le plan a été mis en pratique autour de quatre projets. Tout d’abord, dans le secteur de la boulangerie, 20 % de la consommation d’énergie sont destinés aux chaudières qui chauffent l’eau et produisent de la vapeur. Or la chaleur des fours peut être récupérée et réutilisée par les chaudières grâce à des échangeurs, ce qui permet d’économiser 15 à 30 % d’énergie, et d’éviter l’émission de 700 tonnes de CO2 par an.

Le deuxième projet est une expérience d’aquaponie, une forme d’aquaculture mêlant culture de végétaux et élevage de poissons ; l’expérience a déjà été mise en place dans un restaurant de la ville.

La troisième idée concerne une des activités majeures de la ville : la production et le brassage de la bière. Et là, c’est une idée insolite qui a été suggérée : utiliser les déchets ou résidus de pain dans le processus de brassage, selon une technique de fermentation ancestrale. À Glasgow, près de 200 000 tranches de pain sont gaspillées chaque jour ! Le potentiel est donc énorme quand on sait que 500 grammes de pain non vendu peuvent servir à produire 4 000 litres de bière selon cette technique de brassage particulière connue... depuis l’Antiquité !

Enfin, dans le quatrième projet pilote, ce sont les résidus des grains d’orge utilisés pour la bière qui sont valorisés, pour la production boulangère (où ils remplacent jusqu’à 50 % de la farine nécessaire), la pharmacie ou la fabrication de compléments alimentaires.

Ces quatre projets allient économie des ressources et réemploi des déchets, dans une parfaite symbiose industrielle : les déchets du pain vont à la bière… pour revenir au pain ! Au vu de cette spécificité so scottish, Glasgow est résolument une ville pionnière de l’économie circulaire !

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