La lutte contre le gâchis alimentaire s’organise

Dans le monde, près de 40 % des aliments sont jetés avant d’être consommés. Du food sharing au gleaning network, des initiatives collaboratives et solidaires se développent pour lutter contre ce gâchis.

Chaque année, 1,3 milliard de tonnes d’aliments sont mises à la poubelle dans le monde. Rien qu’en France, le gâchis alimentaire est estimé à 15 millions de tonnes par an, soit près de 280 kg par personne.

Au restaurant et au supermarché, les invendus font désormais recette. Avec 700 000 tonnes de nourriture qui finissent à la poubelle, les Danois décrochent le titre de champion du gaspi. Résultat : l’association DanChurchAid a ouvert à Copenhague un supermarché alternatif. WeFood ne propose que des produits périmés ou à l’emballage abimé.

À Londres ou à Paris, les restos qui font les poubelles connaissent aussi un grand succès. À Hackney en Angleterre, le Save the Date Cafe prône le « pay what you feel » – payez le prix que vous estimez le plus juste – et pratique l’upcycling culinaire avec les invendus issus des environs.

En France, la cantine participative Freegan Pony cuisine des denrées non vendues à Rungis. Et à un jet de cagette, dans le IXe arrondissement parisien, le restaurant locavore Simone Lemon ne s’approvisionne qu’en fruits et légumes informes ou trop moches pour l’assiette du consommateur.

Gleaning network et boules à facettes

De plus en plus sensibilisés aux plus de 41 200 kg de nourriture jetés chaque seconde dans le monde, les collectifs et associations qui font les poubelles deviennent légion. Avec pour bannière le food sharing, ou partage de nourriture, et grâce à un réseau structuré de donateurs et de bénéficiaires, les Lebensmittelretter – les bénévoles sauveurs de nourriture – ont extirpé des bennes allemandes plus de 3 000 tonnes d’aliments en quatre ans.

En France, le collectif Les Gars’pilleurs s’attaque aux bennes des supermarchés et distribue le fruit de sa récolte. Au Royaume-Uni, l’organisation Feeding the 5 000, menée par Tristram Stuart, organise chaque année à Trafalgar Square un banquet géant à base de rebuts alimentaires pour 5 000 personnes. L’initiative a été dupliquée à Paris, Berlin, Bristol...

Feeding the 5 000 a aussi institué le Gleaning Network, réseau de glanage qui se répand partout dans le monde. Le principe : des bénévoles récupèrent les invendus des exploitations agricoles locales pour les redistribuer à des associations d’aide alimentaire.

Faire la chasse au gaspi peut aussi être ludique. Inspiré du concept berlinois de Schnippel Disko, Disco Soupe propose des Discos Buffets dans plus de 25 pays. Sous l’impulsion du réseau mondial Slow Food Youth Network, ce mouvement open source veut changer la production et la consommation alimentaire.

Avec pour cri de ralliement « Yes we cut », les participants récupèrent fruits et légumes invendus dans les champs, marchés et supermarchés pour une séance d’épluchage et de préparation de soupe, sur fond de musique live.

La fin des invendus grâce aux promos dans son Smartphone

Gaspiller moins est aussi à la portée de tous grâce à des applis gratuites. La plus récente, Too Good To Go, met en relation les commerçants et leurs clients pour revendre les produits périssables non écoulés dans la journée, à détecter en un coup d’œil sur son Smartphone.

Avec OptiMiam, vous êtes prévenu par push quand vous arrivez à proximité des commerçants qui proposent des promotions dans votre quartier. Et Zéro-Gâchis affiche les promos en tête de gondole. Grâce à la géolocalisation, et à la signalétique dédiée, il suffit de vous armer de votre Caddie pour aller les dénicher. Avec plus de 70 partenaires dans toute la France, son utilisation a déjà « sauvé » plus de 315 tonnes de denrées alimentaires.

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