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La ville de demain sera compacte

Pour éviter que les mégalopoles et leur croissance effrénée ne dévorent les dernières terres naturelles, les urbanistes ont inventé un nouveau modèle urbain : la ville compacte !

Dans une ville compacte, les émissions de gaz à effet de serre tendent à décroître et la facture d’électricité est revue à la baisse !

Compact : si vous vivez en ville, retenez cet adjectif. L’avenir de nos métropoles tient en effet dans ces deux syllabes, ces sept lettres qui redessineront, dans un futur proche, la skyline de nos agglomérations. Ce qualificatif répond en effet à une nécessité urgente : empêcher l’étalement urbain. Les citadins sont en effet toujours plus nombreux dans le monde : selon les Nations unies, leur nombre ne cesse d’augmenter, les cités comptant 74 millions de nouveaux habitants par an. D’autant que chaque citadin consomme de plus en plus d’espace : entre 1950 et 2010, les aires urbaines auraient progressé de 171 %, tandis que leur population n’augmentait que de 142 % ! Bref, un désastre naturel qui dépasse l’entendement : aux États-Unis, une étendue champêtre de la taille de la Pennsylvanie sera absorbée par le développement urbain d’ici 2050. Pour contrer la disparition des terres, une seule solution : densifier, compacter le milieu urbain, construire la ville sur la ville. À première vue, l’idée peut faire peur : dense, resserrée sur elle-même, la cité de demain laissera-t-elle le citadin respirer ? Si l’adjectif donne des envies d’empoigner son masque à oxygène, la ville compacte n’est pas pour autant synonyme d’immenses buildings grisâtres : les urbanistes ont ainsi démontré qu’un quartier parisien typiquement haussmannien avec ses immeubles de six à sept étages était bien plus dense qu’un ensemble de gratte-ciel de vingt étages à Hong Kong ! En conséquence, il s’agit surtout d’utiliser au mieux les possibilités des aires construites, du bitume jusqu’aux toits, en casant dans cet espace restreint logements, bureaux, commerces – sans y oublier les espaces publics, parcs et jardins étant indispensables au bon confort de l’habitant –, le tout relié par un réseau de transport public optimal.

Une facture d’électricité revue à la baisse !

En résulte une forme urbaine à haute qualité environnementale : oubliez les bouchons, la pollution de l’air et le manque de végétation, dans une ville compacte, votre domicile se trouve à proximité de votre travail, de la piscine ou du cinéma, ou est desservi par un bus, un tramway ou une piste cyclable, dans des rues garanties sans embouteillages… Conséquence, les émissions de gaz à effet de serre tendent à décroître dans l’agglomération, ainsi que la consommation d’énergie globale de la ville : le plus flagrant, c’est sa facture d’électricité, revue à la baisse ! Ainsi, les aires urbaines japonaises, environ cinq fois plus denses que celles du Canada, nécessitent beaucoup moins d’électricité pour fonctionner, à peine 40 % de la consommation canadienne ! Desservant davantage d’habitants et d’espaces, les systèmes de refroidissement et de chauffage sont en effet optimisés et économisent dès lors les ressources naturelles. Enfin, si une ville compacte est meilleure pour la santé de la planète, elle l’est aussi pour celle de ses habitants : avec des distances de transport plus courtes, la qualité de vie s’améliore, la rengaine métro-boulot-dodo devenant de l’histoire ancienne, et l’espace public évitant au citadin sportif bien des passages chez le médecin pas de meilleur remède contre les risques respiratoires et cardiovasculaires que les modes de déplacement doux, marche et vélo en tête. De petits pas pour le citadin, de grands pas pour la planète ?

 

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