Creative Commons - Matthias Heyde (https://www.flickr.com/photos/landbruks-_og_matdepartementet/sets/72157623004641656/)

L’arche de Noé végétale

La Réserve mondiale du Svalbard abrite les semences issues des cultures vivrières de la planète. Un véritable « coffre-fort de l'apocalypse » pour protéger les graines des extinctions de la biodiversité.

Situé à 1 000 km du pôle Nord, l’archipel norvégien du Svalbard est l’un des endroits les plus reculés du monde. Un bout de terre inhospitalier mais stable, à la fois politiquement et géologiquement. Sur l’île de Spitsbergen, près du petit village de Longyearbyen (2 000 âmes), des hommes ont construit une chambre forte sécurisée dans le flanc d’une montagne. Ils y ont enfoui un merveilleux trésor, protégé par de la roche, du permafrost et du béton armé : les graines du monde.

Un « jardin d’Éden glacial », qui a pour mission de « sauvegarder la diversité génétique des cultures vivrières de la planète pour les générations futures ». Inaugurée en février 2008, la Réserve mondiale de semences du Svalbard est financée par la Norvège (et plusieurs autres États), le Global Crop Diversity Trust, ainsi que des organismes privés dont la Fondation Rockefeller, la Fondation Syngenta et la Fondation Bill et Melinda Gates.

Le « bunker » émerge d’une montagne enneigée. On y accède par une lourde porte blindée, surmontée par une œuvre d’art lumineuse. Un tunnel d’une centaine de mètres mène aux trois chambres fortes souterraines, pouvant conserver jusqu’à 4,5 millions de graines. Les échantillons, récupérés aux quatre coins du monde auprès de milliers d’instituts de recherche et de banques nationales, sont conditionnés dans des sachets hermétiques, avant d’être entreposés dans des boîtes noires sur des étagères métalliques et maintenus à une température de 18 °C. En cas de panne, les graines seraient préservées entre 4 et 5 °C grâce au permafrost, le sol glacé du Svalbard.

Si une catastrophe majeure – naturelle ou non – se produisait, les États et les institutions pourraient récupérer les graines qu’ils ont déposées dans l’archipel du Svalbard.

Depuis sa création, la Réserve du Svalbard suscite la fascination. On lui a attribué le surnom évocateur de « coffre-fort de l’apocalypse » ; un ultime refuge pour la biodiversité en cas de cataclysme botanique. Si une crise majeure se produisait (catastrophes naturelles, épidémies, guerre nucléaire, etc.), les États et les institutions pourraient récupérer les graines qu’ils ont déposées dans l’archipel du Svalbard. Alors que l’activité humaine et les changements climatiques menacent la biodiversité, et que la population mondiale augmente, la réserve a pour unique objectif de préserver la diversité des variétés végétales, mais aussi de relever le défi de la sécurité alimentaire dans les pays en voie de développement.

La Réserve du Svalbard abrite aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de semences végétales différentes (725 000 en 2013). Un trésor, oui, l’un des plus précieux de l’humanité.

En savoir plus :

- Site officiel
- Seeds of Time ; un documentaire de Sandy McLeod sur la Réserve du Svalbard et Cary Fowler, l’un de ses instigateurs

Image principale :Creative Commons - Matthias Heyde

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