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Le bois, matériau du futur

Oubliez le chalet pittoresque de montagne, la petite cabane dans les arbres, l’atelier de fortune au fond du jardin… Aujourd’hui, le bois sert à construire des ponts, des centres culturels, des stades ou des immeubles de plusieurs étages.

Plus besoin de quitter la ville pour profiter d’un habitat naturel. Longtemps considéré comme un matériau du passé, le bois s’invite dans nos métropoles et pourrait bien façonner les gratte-ciels de demain.

Le lamellé-collé permettrait de construire des immeubles de dix à trente étages.

Situé au 24, Murray Grove, dans le district londonien d’Hackney, le Stadthaus, huit étages, ne se distingue pas particulièrement des bâtiments qui l’entourent. Pourtant, derrière cette façade pixellisée dans des nuances de blanc, gris et noir, se cache un immeuble unique en son genre. Conçu par l’architecte Andrew Waugh, le Stadthaus est construit en bois, du sol au plafond, en passant par les cages d’ascenseur et d’escalier. Inauguré en 2009, il est alors l’immeuble en bois le plus haut du monde. Il sera vite dépassé par le Forté à Melbourne en 2012 et le Barents à Kirkenes en 2014. Mais les architectes espèrent aller beaucoup plus haut ces prochaines années ! Une tour de trente-quatre étages à Stockholm ? Et pourquoi pas un gratte-ciel de quarante-deux étages à Chicago ?

Selon l’architecte Michael Green, auteur de l’étude The Case for Tall Wood Buildings, le lamellé-collé - Cross Laminated Timber (CLT) - permettrait de construire des immeubles de dix à trente étages. Ce procédé de fabrication consiste à assembler des lamelles de bois (épicéa, sapin de Douglas, etc.) avec de la colle et permet d’obtenir de très grandes pièces aux formes souhaitées, aussi solides que le béton renforcé.

Mais pourquoi remplacer l’acier et le béton qui parent les plus grandes villes du monde depuis le XXe siècle ? L’urbanisation engendre une très forte demande de logements. Dans un contexte de lutte contre le changement climatique, les architectes doivent repenser la façon dont ils construiront ces logements dans les villes de demain, à commencer par les matériaux de base qu’ils utilisent. À lui seul, le béton représente plus de 5 % des émissions de CO2 d’origine humaine. Le bois, s’il est issu d’une gestion responsable des forêts, est durable : renouvelable, abondant, disponible localement, sa fabrication consomme moins d’énergie et génère moins de déchets. Surtout, il possède la formidable faculté de piéger le carbone qu’il a absorbé lors de sa croissance. Cette propriété de séquestration du carbone demeure même après que l’arbre a été abattu. Selon Waugh Thistleton, le bois du Stadthaus stocke 186 tonnes de carbone, alors que l’acier et le béton en aurait généré 137. Cela fait une différence de 323 tonnes de carbone.

Les architectes multiplient les études de faisabilité et les projets expérimentaux pour tenter de déterminer les limitations du bois. Mais le plus gros chantier sera de convaincre leurs clients que ce matériau est aussi sûr que l’acier et le béton : le CLT est très résistant aux incendies, aux inondations et aux tremblements de terre. Des pagodes japonaises vieilles de plusieurs centaines d’années en sont la preuve.

 

En savoir plus :

- The World's Most Advanced Building Material Is... Wood

- Deux organisations promouvant l’usage du bois dans les constructions :

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