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Le Japon recycle des smartphones en médailles pour les JO

Les Jeux Olympiques de 2020 auront lieu à Tokyo. Un coup de projecteur mondial sur le Japon, qui en profite pour mettre en œuvre des bonnes pratiques en matière d’économie circulaire.

En 2014, 42 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produits dans le monde. Mais seulement 1/6ème de ces volumes a été valorisé, le reste ayant été enfoui ou brûlé.

Les déchets électroniques constituent une véritable « mine urbaine » : ils représentent respectivement 16 % et 22 % des réserves mondiales d’or et d’argent.

Ces chiffres sont d’autant plus alarmants que ces « e-déchets » contiennent généralement des composants comme le chrome ou le mercure, toxiques pour la planète et pour l’homme. Parmi les initiatives menées pour lutter contre ce fléau, le Japon a annoncé qu’il allait recycler de vieux smartphones en médailles pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020.

L’idée n’est pas neuve : en 2016, les médailles des JO de Rio étaient déjà composées à 30 % de métaux recyclés. Mais le Japon pousse le principe plus loin : il ambitionne de fabriquer des médailles 100 % recyclées. L’initiative a été proposée par un comité d’experts nommé par le gouvernement japonais pour établir un « plan d’action pour l’héritage ».

L’objectif de ce plan est de faire en sorte que l’organisation des Jeux Olympiques lègue des apprentissages positifs dans divers domaines tels que l’éducation, la mobilité, la technologie, etc. Le comité a notamment pour mission de réduire les coûts des Jeux tout en leur donnant une nouvelle dynamique de durabilité.

Une mine urbaine d’e-déchets

Pour la fabrication des médailles, le comité a fait un constat simple : le Japon dispose de très peu de ressources minières (or, argent, bronze) mais d’une grande concentration de produits high-tech contenant chacun une petite quantité de ces métaux précieux. En effet, les Japonais renouvellent régulièrement leurs appareils électroniques, si bien qu’ils jettent en moyenne l’équivalent de 5,3 kg de métaux par an et par personne.

Le journal japonais The Nikkei Asian Review estime ainsi que cette « mine urbaine » de déchets électroniques représente respectivement 16 % et 22 % des réserves mondiales d’or et d’argent. Il suffit donc d’aller chercher les ressources dans les déchets !

Un appel a été lancé aux Japonais en février 2017 pour les inviter à déposer leurs vieux smartphones, ordinateurs portables, appareils photos et autres petits appareils électroniques. Des bacs de collecte ont été installés dans toutes les grandes villes du pays, dans les entreprises ou encore dans les magasins de téléphonie mobile. Objectif : récolter les deux tonnes d’or, d’argent et de bronze nécessaires pour fabriquer les 5 000 médailles des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2020.

Trace positive

En 2009 au Japon, une loi a rendu obligatoire le recyclage des équipements électroniques de grande taille : télévisions, réfrigérateurs, machines à laver, etc. Néanmoins, sur les 650 000 tonnes de e-déchets produits chaque année dans le pays, seules 100 000 sont valorisées.

Avec la campagne de collecte pour la fabrication des médailles, l’objectif est de sensibiliser la population à la nécessité de recycler ses déchets électroniques. C’est aussi l’occasion pour le gouvernement de mettre en place un système de récupération et de recyclage efficace pour les petits appareils. C’est tout l’enjeu du « plan d’action pour l’héritage » : permettre aux JO de laisser une trace positive dans le pays. Le Japon décrochera-t-il la médaille d’or du recyclage des déchets électroniques en 2020 ?

En savoir plus :

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