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Le pôle Sud : laboratoire d’une économie circulaire

Depuis 2001, Veolia collabore avec de nombreux partenaires industriels et universitaires sur des projets visant à réduire l’impact des activités humaines sur l’environnement sensible de l’Antarctique.

Le « continent blanc » montre des facteurs d’innovation uniques et accélérés pour l’économie circulaire et le développement durable.

Aux confins du monde, à la fois hostile et merveilleux, l’Antarctique étend sa couverture blanche sur près de 14 millions de km². Dernier continent vierge, resté presque intact depuis des milliers d’années, le pôle Sud est considéré comme le baromètre de la Terre. Des chercheurs y affluent massivement dans le but de mieux comprendre le climat du passé et les implications pour l’avenir et de mener des recherches fondamentales dans les domaines de la physique, de la glaciologie ou de la biologie marine. Une présence humaine qui n’est pas sans conséquences...

Les expéditions scientifiques et le tourisme polaire qui se sont développés depuis une centaine d’années ont accéléré la dégradation de l’environnement et pesé lourdement sur les installations limitées de gestion des déchets et de l’eau sur les bases antarctiques.

Des déchets en tout genre

Des générations d’explorateurs ont laissé derrière elles des matériaux de construction, des véhicules, des fûts de pétrole et d’autres déchets de toute sorte. Prisonniers du froid pendant une grande partie de l’année, ils contaminent la glace et les sédiments ainsi que l’océan lorsque l’arrivée de l’été fait fondre la glace. Cette situation a fini par alerter les pays signataires du Traité sur l’Antarctique.

Depuis 1991, le protocole de Madrid rend obligatoire pour les trente-deux États signataires, la protection globale de l’environnement en Antarctique. Plus simple à dire qu’à faire...

Les conditions extrêmes rendent difficile l’acheminement du matériel et les infrastructures classiques de traitement des déchets ne sont pas adaptées au froid polaire. Mais il faut bien trouver des solutions. Le « continent blanc » est donc devenu un accélérateur d’innovation pour l’économie circulaire et le développement durable.

Exemple de l'Australian Antarctic Division

En 2001, Veolia a signé un accord de coopération sur 10 ans avec l'Australian Antarctic Division (AAD), l’organisme responsable de l’activité australienne en Antarctique. L’objectif : faire tomber les barrières techniques concernant le transport et le traitement de l'eau et des déchets. Ce partenariat a permis de trouver des solutions innovantes viables pour la gestion des déchets et la dépollution des sites contaminés sur les bases antarctiques australiennes.

Le premier projet a débuté en 2001, près de la Station Casey sur la côte Est de l’Antarctique, dans la vallée de Thala, où un site d’enfouissement était laissé à l’abandon depuis plusieurs années. Veolia a fourni 240 conteneurs pour rapatrier l’ensemble des déchets en Australie où ils ont pu être convenablement traités et éliminés.

À la suite de ce projet dans la vallée de Thala, en 2015 l’Université de Melbourne a contacté Veolia pour collaborer dans le développement d’une solution de traitement de l’eau de fusion au moyen de la biofiltration et la biopile des lixiviats contaminés par des fuites de diesel.

En 2011, Veolia a été invité à collaborer dans le cadre d’un projet sur plusieurs années financé par l’AAD et le Centre d’excellence australien pour le recyclage des déchets (AWRCoE) afin de concevoir, construire, mettre en service, exploiter et valider un système de traitement avancé de l’eau pour la Station Davis. Parmi les partenaires de ce projet figuraient l’Université de Victoria, l’Université de Melbourne, Veolia, TasWater, Coliban Water et AECOM Australia.

Établie en 1957, la station ne disposait que de peu voire d’aucune capacité de traitement des eaux usées pendant la majeure partie de sa durée de vie. De manière générale, les eaux usées étaient déversées dans l’océan, créant ainsi des problèmes de pollution pour l’environnement marin environnant.

L’usine de traitement avancé de l’eau, jumelée à un processus de bioréacteur à membrane récemment installé et mis en service, permettra de transformer les effluents en eau de qualité semblable à l’eau potable afin de pouvoir la rejeter sans aucun impact sur l’océan. Des chercheurs étudient même la possibilité de boire l’eau recyclée ! L’usine de traitement avancé de l’eau doit être expédiée vers Davis pour une mise en service en 2017-2018.

Depuis les années 2000, Veolia a développé des partenariats similaires avec le Chili et la France pour préserver l’environnement. Laboratoire à ciel ouvert, l’Antarctique permet de tester et de faire émerger des solutions innovantes en un minimum de temps. Le développement durable s’organise jusqu’au bout du monde...

En savoir plus :

- Robert Swan, l’explorateur givré

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