À Limoges, même les routes sont en porcelaine

La capitale française de la porcelaine se couvre désormais de routes en précieuse céramique recyclée. Le procédé mis au point par le Groupe Colas met en œuvre l’économie circulaire locale.

On savait que la célèbre céramique de Limoges s’était ouvert de nouveaux débouchés dans des domaines aussi variés que la santé, l’aéronautique et même l’aérospatial. Depuis l’été 2016, cet or blanc sert aussi à construire des routes !

Plus les voitures roulent, plus la porcelaine fondue dans l’enrobé apparaît. Un apport lumineux sécurisant qui a permis de baisser l’intensité de l’éclairage public.

En plein cœur de Limoges, la route scintille ! Avenue du Midi sur une centaine de mètres, ou entre la rue Edouard Michaud et la rue Joseph Cugnot sur 5 kilomètres, le bitume est en partie fabriqué avec de la porcelaine recyclée. Sous les phares de véhicules, il se couvre d’un halo inédit toujours plus lumineux à l’usure.

Car plus les voitures utilisent cette route, plus la porcelaine fondue dans l’enrobé apparaît. Grâce à cet apport lumineux sécurisant pour les automobilistes qui voient mieux la chaussée, l’intensité de l’éclairage public – et donc la consommation d’énergie - ont pu être diminués.

Valoriser les rebuts de fabrication

Autre intérêt de cette innovation au cœur de porcelaine : elle est constituée des déchets des célèbres manufactures des alentours. Bernardaud, Haviland ou encore la fabrique de porcelaine de Saint-Junien ont ainsi trouvé un moyen de valoriser leurs rebuts de vaisselle imparfaits pour la vente.

Un dispositif de collecte les achemine directement vers la zone artisanale de Condat-sur-Vienne. Assiettes, plats et autres théières ébréchés forment ici une montagne de porcelaine. La première étape d’une seconde vie dans les locaux de l’entreprise Colas Sud-Ouest qui a développé cet ingénieux procédé.

Pour recouvrir la chaussée, le spécialiste mondial de la construction de routes a légèrement dopé son bitume et mis au point une formule d’enrobés chauds, composée à hauteur de 30 % de granulats de porcelaine. Sécurité oblige, il a tout d’abord fallu tester longuement ce revêtement en laboratoire. Si le résultat est aujourd’hui concluant pour les tronçons réalisés dans la capitale limousine, il n’est toutefois pas question de développer cette innovation à grande échelle. Le gisement de déchets de vaisselles, estimé à moins de 400 tonnes par an, ne serait pas suffisant.

Néanmoins, cette route de porcelaine a permis de mettre en place un processus qui favorise l’économie circulaire au niveau local. Elle est également synonyme pour la ville de Limoges d’une consommation d’énergie réduite de l’ordre de 50 % sur les tronçons concernés.

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