Ecovative

Myco Foam : un nouveau matériau 100% biodégradable qui remplace le plastique !

Ecovative a développé un matériau possédant les mêmes propriétés que le plastique grâce au mycélium, le blanc de champignon. Une innovation qui pourrait remplacer le polystyrène dans la fabrication des emballages.

L’histoire d’Ecovative Design commence en 2006 quand Gavin McIntyre et Eben Bayer, deux étudiants de L'Institut polytechnique Rensselaer (Etat de New-York, Etats-Unis), ont l’idée de créer un matériau nouveau à partir de déchets agricoles et de mycélium. Le mycélium est la partie végétative des champignons, composé de filaments ramifiés appelés hyphes. Il contribue à la décomposition de la nécromasse (matière organique morte), dont il se nourrit. McIntyre et Bayer souhaitent utiliser cet organisme pour faire pousser un matériau possédant les mêmes propriétés que le plastique.

Après avoir obtenu leur diplôme, ils décident de se consacrer au développement de leur idée et fondent leur société en 2007. Ecovative se lance dans l’industrie des emballages en présentant son produit comme une alternative écologique au polystyrène expansé, cette mousse blanche compacte qui sert à emballer les objets sensibles aux chocs, comme les appareils électroniques ou les meubles. Dell sera l’un des premiers fabricants à utiliser ce type de conditionnement pour ses ordinateurs.

Le mycélium, un matériau extraordinaire !

Le processus de fabrication du « plastique à base de champignons », appelé Myco Foam, est le suivant : Ecovative collecte les déchets agricoles, tels que les balles de céréales, les feuilles de maïs ou les cosses de lentilles, auprès des producteurs locaux. Une fois ces déchets stérilisés, on y injecte le mycélium et on place le mélange dans des moules dans l’obscurité. Pendant cinq jours, le mycélium va se développer. Se nourrissant des déchets agricoles, il crée un réseau de minuscules fibres blanches enchevêtrées à l’intérieur et autour du substrat, remplissant tout l’espace disponible et formant une structure solide. Le matériel ainsi obtenu est démoulé et traité afin d’arrêter la croissance du mycélium et d’empêcher la production de champignons et de spores.

 

« Le mycélium est un matériau extraordinaire parce que c’est un matériau qui s’auto-assemble et qui utilise des matières que nous considérons comme des déchets […] et les transforme en polymères pouvant être façonnés sous n’importe quelle forme », expliquait Eben Bayer lors d’une conférence TED en juillet 2010.

À coût équivalent, les avantages des produits « cultivés »  par Ecovative par rapport aux matériaux synthétiques dérivés des hydrocarbures sont importants. Là où, par exemple, la production d’un mètre cube de polystyrène consomme l’équivalent de 1,5 litre de pétrole, Myco Foam nécessite très peu d’énergie. Là où des tonnes de polystyrène encombrent les décharges et polluent les océans, mettant plusieurs centaines d’années à se dégrader, Myco Foam retourne à la terre sous la forme de nutriment une fois son cycle de vie terminé. 100 % naturel, il est 100 % biodégradable et se décompose en quelques semaines seulement.

La réussite d’Ecovative

Aujourd’hui, Ecovative propose quatre gammes de produits :
- Myco Foam, qui peut remplacer le polystyrène dans la fabrication des emballages ou des panneaux d’isolation thermique ou phonique ;
- Myco Board, des panneaux de particules se substituant au MDF dans la conception de meubles et de portes ;
- le programme Grow It Yourself, lancé en 2014 pour encourager l’open innovation, qui propose des kits aux particuliers pour faire pousser leurs propres objets grâce au mycélium ;
- Ecovative Interiors, une collection d’objets pour la maison et le bureau.

Signe de réussite, Ecovative vient d’ouvrir une deuxième usine de fabrication d’emballages et de panneaux biologiques dans l’Etat de New York. Le géant suédois du meuble en kit, Ikea, a annoncé son intention d’utiliser cette invention pour remplacer le polystyrène dans ses emballages.

Image principale : Ecovative

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