Copyright University of Cambridge and Fabienne Felder 2013.

Ondes végétales

Vous êtes confortablement installés dans le canapé et vous écoutez un titre de David Bowie tout en lisant votre magazine préféré. Dans la pièce, un tapis de mousse végétale et un aquarium d’algues alimentent votre iPod et la lampe qui vous éclaire.

Technologie émergente, le bio-photovoltaïque tire parti des végétaux pour produire de l’électricité. La source d’énergie du futur ? Certains chercheurs pensent que oui.

En 2011, le biochimiste Paolo Bombelli et les designers Alex Driver et Carlos Peralta présentent la Moss Table, un concept de table recouverte d’une mousse végétale qui fournit de l’électricité à une lampe. Cette expérience a pour but de montrer le potentiel des technologies bio-photovoltaïques (BPV) et de stimuler la recherche dans ce domaine.

Pour la designer suisse Fabienne Felder, c’est une révélation. Capable de transformer le CO2 en oxygène et la lumière en énergie grâce à la photosynthèse, la mousse végétale représente selon elle le « Saint Graal du développement durable ». Elle l’imagine recouvrir l’intérieur des avions afin de purifier l’air dans les cabines et d’alimenter les équipements électroniques des passagers. Ce scénario futuriste séduit Paolo Bombelli et Ross Dennis et les convainc de collaborer avec elle. Pragmatiques, les deux scientifiques de l’université de Cambridge décident toutefois de se concentrer sur un objet du quotidien.

De leur rencontre naîtra la toute première radio « nourrie » à la mousse végétale. Au cœur du dispositif, dix piles biologiques (photo microbial fuel cells) capables de recueillir les électrons produits par la plante lors de la photosynthèse et de les convertir en courant électrique. Les pots de mousse sont ainsi employés comme des panneaux solaires biologiques, générant suffisamment d’énergie pour écouter une chanson de quelques minutes. Du petit générateur pour alimenter nos tablettes à d’immenses centrales offshore de panneaux recouverts d’algues pour éclairer les villes, les applications du BPV sont intéressantes. Selon Fabienne Felder, créatrice du projet en collaboration avec le docteur Paolo Bombelli et le scientifique Ross Denis, si 25 % des Londoniens (soit environ 2,7 millions de personnes) chargeaient leur téléphone pendant deux heures chaque jour grâce au bio-photovoltaïque, le Royaume-Uni pourrait économiser suffisamment d’énergie pour alimenter une petite ville, soit un gain de 42,5 millions de kWh, de 8,27 millions d’euros et de 39 632 tonnes de CO2 par an. C’est d’autant plus intéressant lorsqu’on sait que l’équipe n’est parvenue à capturer que 0,1 % des électrons produits par la mousse pour le moment.

Le bio-photovoltaïque en est encore au stade expérimental et les rendements énergétiques sont très faibles. À terme, les chercheurs espèrent qu’il pourrait permettre de produire des panneaux plus économiques et écologiques que les panneaux solaires en silicium classiques.

Pour aller plus loin :

- Moss Power Blog
- The hidden power of moss

Image principale : Copyright University of Cambridge and Fabienne Felder 2013

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