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Produire mieux avec moins d’eau, le secret d’une agriculture durable

Dans la course à la préservation des ressources naturelles, l’eau est sans doute l’un des enjeux les plus cruciaux.

Pas étonnant que l’on parle souvent « d’or bleu » pour désigner l’eau douce, qui ne représente que 1 % des réserves planétaires. Pointé du doigt, le secteur agricole doit mettre les bouchées doubles pour réduire sa consommation.

À l’échelle mondiale, l’agriculture représente à elle seule 70 % de notre consommation d’eau. Le défi est donc énorme, mais les espoirs le sont tout autant : la transition vers une agriculture durable aurait un impact décisif sur la protection des ressources.

Pour certains, le changement est déjà en marche, avec comme priorité la maîtrise de l’irrigation. Miser sur la précision et l’adaptation au milieu, voilà la démarche des concepteurs du système « i-cropTM ». Développé par l’université de Cambridge au Royaume-Uni, i-cropTM a permis à quarante-six agriculteurs d’économiser en moyenne 8 % d’eau en un an. Il combine l’action de capteurs placés dans la terre qui analysent l’humidité du sol et d’une station météo qui récolte des données en temps réel. Les agriculteurs ont accès à cette information en ligne et peuvent ainsi décider avec précision quand et comment arroser. Cette irrigation basée sur le savoir est non seulement écologique, mais elle est bénéfique pour les exploitants qui ont vu leur rendement augmenter de 13 % sur la même période.

Réduire la consommation d’eau passe aussi par une limitation des pertes. Cette réflexion simple, mais essentielle, a amené Simcha Blass et son fils à créer en 1959 l’irrigation goutte-à-goutte. Finis les litres d’eau évaporés en plein soleil, l’irrigation se fait désormais au plus près de la plante, l’eau s’écoulant lentement dans de simples tuyaux en plastique percés. Depuis, le système s’est perfectionné afin de réduire au strict minimum l’utilisation d’eau. Ainsi, dans la grande plaine de la Chine du Nord, des cultivateurs de blé ont mis en place, six années durant, une « irrigation déficitaire ». Les plants n’ont été arrosés qu’aux stades décisifs de leur croissance. Résultat, une consommation d’eau en baisse de 25 %. Ce « stress » imposé aux plantes s’avère même parfois stimulant : dans le sud-est de l’Australie, l’irrigation déficitaire des arbres fruitiers a non seulement permis d’accroître la productivité́ de l’irrigation de 60 %, mais aussi d’obtenir des fruits de meilleure qualité, sans baisse de rendement.

En savoir plus :

- La technologie i-crop

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